L’EVANGELISATION RELATIONNELLE

Mis à jour le 19.12.2018 à 13:13
L?EVANGELISATION RELATIONNELLE

Samuel Dinsenmeyer, directeur Pôle Mission de la Fédération France Sud.

 

L’Eglise adventiste du septième jour s’est construite en se basant, entre autre, sur les textes de l’Apocalypse. Ainsi, elle s’est approprié ce texte d’Apocalypse 14.6 de l’annonce d’un évangile éternelle à tous les habitants de la terre. Ainsi, notre Eglise a rapidement eu à cœur le partage de l’Evangile. C’est toujours le cas aujourd’hui. Toutefois, nous constatons que dans notre contexte français, cela ne fonctionne plus comme avant. La société change mais les méthodes d’évangélisation d’auparavant n’ont plus les résultats escomptés.

 

Face à ce constat, la Fédération des Eglises adventistes du septième jour du Sud de la France a fait le choix depuis plus de 10 ans de revenir à la source et de se laisser guider par l’Esprit. Désireuse de partager l’évangile, un slogan a résumé cela : « Une Eglise dans ton quartier, un mouvement de disciples ». Au-delà de la formule, il est encouragé à vivre l’évangélisation relationnelle.

 

Comme cette formule l’indique, il s’agit de vivre un partage de l’évangile au travers de la relation. Il n’y rien de nouveau sous le soleil…

 

Tout d’abord, c’est un constat que c’est ce qui fonctionne aujourd’hui… Joseph Kidder dans son livre Les quatre grands secrets pour une vie d’église épanouie, Dammarie les Lys, Editions Vie et Santé, 2013, présente cela clairement dans son chapitre 9 (p. 205-219) fait constater que la « meilleure méthode » pour amener les gens à Christ est « l’influence de la famille ou les amis » entre 70 et 95%. Ainsi «  qui est l’évangéliste le plus efficace au monde ? (…) je suis le meilleur évangéliste au monde ».

 

Dans l’évangélisation relationnelle, c’est chacun, chacune, en tant que disciple qui est au cœur du partage de l’évangile.

 

Déjà à son époque, Elle White rappelait que c’est en étant en relation que le Christ a amené des hommes et des femmes à sa suite :

 

« Seule la méthode du Christ donnera un vrai succès. Le Sauveur se mêlait aux hommes comme celui qui désirait leur bien. Il montrait de la sympathie à leur égard, s’occupait de leurs besoins, et gagnait leur confiance ; et c’est ensuite qu’il leur disait « Suivez-moi. » (Ellen WHITE, Ministry of Healing, p. 143).

 

Nous pouvons donc nous inspirer de l’exemple du Christ pour vivre l’évangile et la partager.

 

Concrètement, l’évangélisation relationnelle se vit dans la proximité, la sincérité, l’authenticité et la simplicité.

 

Proximité

 

Comment partager l’évangile si ce n’est pas à quelqu’un ? Ce quelqu’un, c’est l’autre. C’est donc celui dont je suis proche. L’évangélisation sous-entend la proximité. C’est une invitation à répondre à l’appel de Jésus à aller. Aller vers l’autre… « se mêler aux hommes »…

 

Combien de fois au cours des dernières semaines ai-je partagé un moment de convivialité (repas, sortie, …) avec des non-croyants ?

 

Nous constatons aujourd’hui en France une méfiance du religieux… la seule réponse à la peur, c’est la confiance. La confiance se construit dans la proximité. C’est en étant en relation avec les autres que j’apprends à le connaitre, que je prends conscience de là où il en est… et je peux alors vivre ma vie de disciple en « désirant leur bien », « en montrant de la sympathie », « en s’occupant de leurs besoins ».

 

Sincérité

 

Tout cela ne peut se vivre que dans la sincérité. Il ne s’agit pas de faire semblant, ni de faire pour… mais simplement de vivre notre discipulat à l’image du Christ. Ne pas faire preuve de sincérité, c’est en quelque sorte piéger l’autre… Nous sommes porteurs d’un message d’espérance et de libération… que notre façon de partager l’évangile soit cohérente avec son message.

 

Authenticité

 

Vivre le partage de l’évangile de cette manière nous amène à revoir certaines choses dans notre façon de concevoir l’Eglise. En effet, chacun, individuellement est remis au centre et engagé dans la mission. Par exemple, on parle plus de membres d’Eglise mais de disciples. Je ne suis plus seulement le membre d’un groupe, mais un disciple… le mot « disciple » caractérise ma relation au maître, à Christ. Il n’est pas non plus question que l’évangélisation soit une affaire de spécialistes. C’est l’affaire de tous, accessible à tous…

 

« Quand des gens ordinaires partent faire l’œuvre du Royaume, Dieu s’occupe de l’extraordinaire ! » (Felicity DALE, On commence : Un guide pratique pour démarrer des "groupes de maisons", Paris, Victoire, 2007, p. 31.)

 

Reconnaitre que je suis qu’un disciple ordinaire nécessite de l’authenticité avec le Seigneur. Pas besoin d’être « super disciple » ! C’est dans une authenticité relationnelle avec le Seigneur que va se construire notre désir de partager l’évangile et notre préoccupation de l’autre.

 

Cette authenticité est aussi appelée à se vivre avec ceux que nous côtoyons. « Je n’ai pas réponse à tout », « je suis parfois incohérent, mais en recherche », « je suis loin d’être parfait »… Bien sûr, que nos contemporains attendent parfois certains comportements des croyants… mais est-ce que mon comportement est conditionné par cela ou est-il la conséquence de l’action de la grâce de Dieu dans ma vie (Ephésiens 2. 10) ?

 

Simplicité

 

Là encore, nous trouvons une source d’inspiration dans l’exemple du Christ. Il a mené une vie de simplicité.

 

Vivre notre vie de disciple simplement, vivre l’Eglise simplement, c’est le gage de se focaliser sur l’essentielle. C’est aussi ne pas prendre le risque de se disperser, de perdre de l’énergie. Nous avons parfois fait de l’Eglise une affaire de spécialistes… même s’il est nécessaire d’avoir des femmes et des hommes compétents et équipés au service de Dieu et de l’Eglise, il est dangereux de laisser croire que si je n’ai pas suivi telle ou telle formation, réussi tel ou tel séminaire, … je ne peux pas être témoin et partager l’évangile.

 

Fort de tout cela, la Fédération des Eglises adventistes du septième jour du Sud de la France encourage chacun et chacune, chaque communauté locale à vivre l’évangélisation relationnelle. Voilà quelques exemples concrets, sans omettre que tout cela prend du temps, nécessite de la persévérance :

 

- On dénombre environ 44 Groupes de Maisons et 22 Eglises de Maisons sur le territoire de la Fédération

- Plusieurs nouvelles Eglises : EMA7L dans le bassin genevois, GEM sur Lyon, l’Escale à Marseille, Résonance à Nice, Philagapé à Valence… et de nouveaux groupes récents ou en projet à Moissac, Bonneville

- Des projets d’implantations d’Eglise sur Lyon, Toulouse, Bonneville

- Des projets d’ouverture : Le Petit Bonheur à Tonneins, Save’heure à Marseille, Café « Chez Théo » à Montpellier, projet « Espace PotenCiel » à Toulouse, participation à l’extension de l’Espace Monod à Vaux-en-Velin,

- De nombreuses antennes ADRA, reflets du désir d’être en relation avec les personnes dans le besoin

- Sans oublier toutes les initiatives simples de disciples ordinaires…

 

Comme nous l’avons fait remarquer, il n’y a rien de nouveau dans l’évangélisation relationnelle. Vivre cela, c’est une invitation à plonger à nouveau dans les évangiles et à suivre l’exemple du Christ en tant que disciple… en toute simplicité et dans la joie…

 

« La mission du chrétien est une invitation à la joie : une joie communicative, authentique et profonde ; un engagement à une certaine forme de radicalité : la radicalité de l’amour, de l’empathie, du respect ; un cheminement vers l’altruisme : un souci de l’autre dans le but d’un véritable partage, de donner du goût à la vie, d’être porteur de lumière ». Gabriel Monet, Vous serez mes témoins. Une invitation à participer à la mission de Dieu, Dammarie les Lys, Editions Vie et Santé, 2015, p. 52.

 

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Pour suivre l’actualité de la Fédération des Eglises adventistes du septième jour du Sud de la France :

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- http://ffs.adventiste.org/campmeeting/