L'adoration, le grand appel de Dieu

Méditations spirituelles 26/06/2023

Par Pavel Semanivsky | Revue Dialogue, 2022, numéro 34-1, p. 23-25

«Rendez à l’Éternel la gloire due à son nom » (1 Ch 1 16.29, S21) !

Dieu appelle ses créatures à l’adorer en toute sainteté et plénitude, sans réserve, et sans que rien ni personne ne s’interpose entre elles et lui. L’adoration étant l’un des grands appels divins, la Bible nous exhorte, en tant que disciples de Dieu, à adorer celui-ci de manière exclusive, sans aucun doute ou hésitation. Une telle adoration exclusive et intime, essentielle à une vie équilibrée, implique une relation d’intimité et d’obéissance avec Dieu. Lorsque l’adoration perd son rôle primordial dans notre vie, celle-ci perd son sens ; nous sommes alors privés de notre lien avec notre créateur. L’absence d’adoration et de prière crée un vide dans la vie, ce qui ne peut être utile ni à Dieu, ni à nos semblables.

Dans cet article, nous examinerons sept aspects essentiels de la véritable adoration.

1. DIEU CHERCHE DES ADORATEURS.

« Tels sont les adorateurs que le Père cherche » (Jn 4.23, NBS).

Que faisoas-nous quand nous perdons quelque chose d’important, de précieux en valeur marchande, personnelle, ou sentimentale ? Quand nous subissons une perte intime et inestimable ? Nous nous lançons totalement dans une recherche désespérée qui ne connaît aucune limite de temps, d’espace, de sentiment, ou de coût. L’apôtre Jean dit que Dieu cherche ; il cherche et recherche. Quelle est la raison d’être de tant d’efforts ? Ne savait-il pas où était Adam ? Ne sait-il pas où je suis ?

Si Dieu cherche, c’est pour ramener ses enfants égarés à la maison. Son amour et son empressement s’étendent jour et nuit pour restaurer une relation brisée, conçue à l’origine pour adorer le Créateur selon ce qu’il avait lui-même ordonné. Ellen White décrit la quête éternelle de Dieu de son peuple : « Restaurer en l’homme l’image de son Créateur, le rendre à la perfection pour laquelle il avait été créé, assurer le développement de son corps, de sa pensée, de son âme, pour que le plan divin de la création soit réalisé, devaient être l’œuvre de la rédemption […], l’objet grandiose de la vie2. »

Dans son initiative en faveur des êtres humains, Dieu fait toujours le premier pas. Cette initiative divine et la réponse de l’humanité constituent les deux éléments constants de l’adoration. Ainsi, Dieu cherche une véritable adoration et de véritables adorateurs. Il prend l’initiative et s’attend à ce que les êtres humains répondent à cette initiative par l’adoration.

2. L’ADORATION IMPLIQUE UNE RELATION D’EXCLUSIVITÉ AVEC DIEU.

« Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux » (Ex 20.5).

L’adoration, selon sa nature, a des conséquences : Dieu rejette une fausse adoration, il y a inimitié entre elle et lui ; en revanche, il nous accepte et nous fait miséricorde lorsque l’adoration est authentique et acceptable. Mais où peut-on trouver les conseils divins en vue d’une adoration authentique ? Les principes de la véritable adoration se trouvent dans les dix commandements. La loi de Dieu est la source de conseils authentique pour une adoration authentique. Elle nous révèle pourquoi, qui, quand et comment adorer. Les quatre premiers commandements nous indiquent les raisons fondamentales – le pourquoi – de l’adoration du vrai Dieu : A) Dieu est le Libérateur. Il nous délivre du mal qui nous domine, tout comme il a libéré Israël de l’esclavage égyptien. « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte », et par conséquent, « tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Ex 20.2,3). B) Dieu est miséricordieux et jaloux. C’est par sa miséricorde qu’il a fait passer Israël de la servitude à la liberté. Aucune image, aucune idole, et aucun autre dieu ne peut se substituer à la véritable adoration. C) Le nom de Dieu ne doit pas être pris en vain. D) L’attitude de Dieu à l’égard de l’adoration est mentionnée en termes de jalousie – un sentiment puissant qui surgit en réaction à l’infidélité. On retrouve le mot « jaloux » dans le troisième commandement (Ex 20.5) – il nous révèle la réaction de Dieu devant une fausse adoration. E) Enfin, l’adoration est si importante pour Dieu qu’il a mis à part le septième jour de la semaine pour rappeler perpétuellement aux êtres humains de l’adorer en tant que Créateur et Rédempteur.

3. L’ADORATION ET LE SALUT

« Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d’eaux. » (Ap 14.7).

Le message des trois anges d’Apocalypse 14 constitue l’appel final de Dieu à la dernière génération. Cette observation de la véritable adoration, placée au cœur du livre de l’Apocalypse, est le message même que Dieu donne à ceux qui vivent juste avant le retour de Jésus. Elle révèle un état prévu par Dieu et se reflète dans le conflit concernant l’adoration. D’un côté, il y a ceux qui sont fidèles et qui adorent le Dieu « qui a fait le ciel et la terre, la mer et les sources d’eau » ; de l’autre, les condamnés à mort qui adorent « la bête et son image ».

Les décisions prises sur l’objet de notre adoration – Dieu ou la bête – affectent la destinée éternelle des adorateurs. Dans le message des trois anges d’Apocalypse 14.6-12, il n’y a pas de troisième partie. Ainsi, la véritable adoration est un choix fondamental qui distingue ceux qui sont sauvés de ceux qui sont perdus.

4. L’ADORATION – SOURCE DE RÉVEIL ET DE RÉFORME

« Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées. […] J’entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi. » (Es 6.5-8).

Dans le contexte de ce passage, considérez les questions suivantes. Est-il possible d’avoir un effet sans cause ? De se repentir sans se rendre compte de son état de pécheur ? D’admettre que l’on a péché sans envisager la sainteté ? D’accomplir la mission du salut sans se repentir et accepter le pardon ? D’accomplir cette mission sans d’abord apprendre à connaître Dieu ?

Ésaïe 6 nous montre le processus de réveil, de réforme, et de transformation qui précède la mission. Avant de répondre, il a contemplé la sainteté de Dieu dans un moment d’adoration. Lorsqu’il s’est trouvé en présence de Dieu, il a pris conscience de son état de pécheur. Là, dans un état d’adoration, il a reçu le pardon de Dieu par le biais d’un charbon ardent de l’autel qui a touché ses lèvres. Après avoir été purifié, le prophète s’est offert à Dieu pour le servir : « Me voici, envoie-moi » ! (Es 6.8)

L’expérience d’Ésaïe montre clairement que la décision de s’engager dans la mission se fonde sur l’adoration. L’adoration est la cause d’un nouveau commencement, la source d’un réveil spirituel et d’une réforme, et le point de départ de la mission. Et la mission elle-même conduit à l’adoration. « Et toutes les nations viendront, et se prosterneront devant toi, parce que tes jugements ont été manifestés. » (Ap 15.4).

5. L’ADORATION SE POURSUIVRA PENDANT L’ÉTERNITÉ

« Car, comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je vais créer subsisteront devant moi, dit l’Éternel, ainsi subsisteront votre postérité et votre nom. À chaque nouvelle lune et à chaque sabbat, toute chair viendra se prosterner devant moi, dit l’Éternel. » (Es 66.22,23)

Par l’intermédiaire de Jean, le Saint-Esprit déclare que l’adoration et l’observation du sabbat se poursuivront pendant l’éternité. De même, le message du premier ange (Ap 14.6-12) lance un appel universel à tous les êtres humains pour qu’ils adorent le Créateur – « celui qui a fait les cieux et la terre, la mer et les sources d’eau » (v. 7). La référence à l’adoration et au Créateur constitue sans aucun doute une indication puissante : l’adoration sans le Créateur n’a pas de sens ; cependant, les deux réunis élèvent celui qui s’agenouille devant le trône céleste. Ainsi, le sabbat est à la fois un mémorial de la création de Dieu (Ex 20.11) et un symbole de son activité salvatrice (Mt 12.8-13). Dans Deutéronome 5, où les dix commandements sont répétés, le sabbat est mentionné en tant que signe de délivrance et de liberté (v. 15), et en tant que signe de l’alliance, lequel renvoie à deux grands actes de Dieu dans l’histoire : la création et la rédemption.

Ces deux activités divines – la création et la rédemption – sont aussi le fondement de l’adoration dans le ciel, telle que décrite par Jean dans l’Apocalypse, où les êtres célestes adorent Dieu parce qu’il est le Créateur et le Rédempteur (Ap 4.10,11 ; 5.8-12).

Ainsi, le jour de repos et le modèle d’adoration céleste ont le même fondement et se basent sur deux actes de Dieu dans l’histoire : la création et la rédemption. L’adoration est un événement de louange et de vénération non limité par le temps ; elle existait avant la création et transcende l’histoire pour se poursuivre jusque dans l’éternité.

6. L’ADORATION EST UN MINISTÈRE FOCALISÉ SUR DIEU.

« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Lc 4.8).

Si Dieu recherche l’adoration, et s’il en est jaloux, s’il avertit, réglemente, purifie et restaure les adorateurs, alors, quelle devrait être notre réponse ?

D’abord, l’adoration – ce qui implique que Dieu est le seul qui soit digne de notre adoration. Les quatre premiers commandements du décalogue révèlent la centralité de Dieu dans notre adoration. Dieu seul est digne de notre adoration, et personne d’autre !

Dans son article intitulé « Sur la nature de nos sermons centrés sur Christ », Yuri Drumi dit : « Dans la vie de nombreuses congrégations, un podium d’où Christ est absent n’est, hélas, guère surprenant. Dans nos services de cultes, souvent, on entend beaucoup parler de la morale de l’humaniste, des allégories du rabbin, de la philosophie de l’agnostique, des conférences du maître enseignant, de l’autobiographie du prédicateur, plutôt que de la Parole vivante de Dieu […] »3.

Bien entendu, ce ne sont pas toutes les Églises qui utilisent ce modèle. La tentation de détourner les yeux de Christ et de la focalisation biblique peut être forte. Les intérêts du prédicateur peuvent devenir le centre, au détriment de l’exaltation et de la glorification de Jésus. Même si le prédicateur peut trouver une citation appropriée de la Bible et écrire un sermon thématique sur n’importe quel sujet, citer la Bible ne conduit pas à l’adoration. La véritable adoration en esprit et en vérité n’est pas un acte dirigé depuis la chaire ou exécutée sur l’estrade de l’église. Il s’agit plutôt de la réponse intime de notre cœur à l’appel divin à rendre « à l’Éternel la gloire due à son nom » (1 Ch 16.29, S21). Le calme qui caractérise la congrégation, la musique et les chants qui élèvent le nom de Jésus au-delà de tout nom, les offrandes qui expriment notre reconnaissance envers celui qui nous a tout donné, les prières qui élèvent le cœur humain vers le divin, la Parole qui est lue et prêchée, et chaque minute passée en la sainte présence de Dieu devraient exprimer l’aspiration du cœur humain à se lier au divin. Une telle expérience d’adoration relie l’esprit d’une personne à l’Esprit de Dieu, et la vérité incarnée en Christ amène l’adorateur à trouver son centre en Dieu, et en Dieu seul. Voilà ce qu’est la véritable adoration.

7. L’ADORATION EST LE REFLET DE NOTRE CONNAISSANCE DE DIEU.

« Pour moi, dans mon innocence, je verrai ta face ; dès le réveil, je me rassasierai de ton image. » (Ps 17.15).

L’adoration consiste à savoir qui est Dieu. D’une part, Dieu se présente comme un Père, un Seigneur rempli d’amour, prêt à sacrifier ce qu’il a de plus cher et de plus précieux – son Fils Jésus – afin que, par sa mort sur la croix, nous, pécheurs, puissions être sauvés. Dieu se présente aussi comme étant celui qui est saint, élevé, et exalté, qui « est dans son saint temple. Que toute la terre fasse silence devant lui ! » (Ha 2.20).

CONCLUSION

Alors que nous terminons cette brève étude sur l’adoration, deux questions importantes se posent à nouveau : Qu’est-ce que l’adoration ? Pourquoi devons-nous adorer ?

Dans une Église multiculturelle et mondiale telle que l’Église adventiste, l’adoration, où qu’elle se produise dans le monde, devrait s’appuyer sur les mêmes principes. Nous pouvons être différents en matière de langue, de forme et de style de musique, et même de leadership et de participation à la prédication ; cependant, il y a un élément singulier sur lequel il ne peut y avoir aucun compromis, aucune négligence. Cet élément, c’est la centralité de la Parole de Dieu dans toute prédication, la focalisation totale sur Dieu en qui notre adoration et notre louange doivent reposer, et l’engagement absolu de toute l’Église en tant que corps de témoignage envers le Seigneur Jésus qui sauve et revient bientôt. L’appel de notre vie et la priorité de notre existence, c’est d’accepter Jésus en tant que Seigneur de l’Église à laquelle nous appartenons et dans laquelle nous l’adorons, et de témoigner pour lui en tant que Sauveur de la collectivité dans laquelle nous habitons.

Les circonstances actuelles telles que la pandémie de COVID-19 ont produit des changements significatifs au sein de l’Église mondiale. Au lieu du service de culte régulier à l’église, la plupart des membres d’église suivent les services en ligne. Comment pouvons-nous adorer Dieu en fixant un écran ? Quels sont les principes d’adoration et leurs éléments immuables qui vont au-delà des siècles, des générations et des circonstances historiques ? Dans sa quête d’adoration, Dieu exige d’en être l’objet exclusif, et cherche encore à entrer en relation avec l’humanité par le biais de l’adoration. Il offre pardon et réveil aux participants et acceptera notre adoration l’éternité durant. « [Tu] chercheras l’Éternel, ton Dieu, et […] tu le trouveras, si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme. » (Dt 4.29).


NOTES ET RÉFÉRENCES

1. Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

2. Ellen G. White, Éducation, p. 17.

3. Yuri Drumi, « Sobre la cuestión de la naturaleza cristocéntrica de nuestros sermones: ¿Cuánto es antiguo el Antiguo Testamento? », Los cultos, G. Stele, éd., Institut de missiologie de la Division eurasienne, 2003 (non publié), p. 25.


Pavel Semanivsky – titulaire d’une maîtrise en théologie pratique de l’université adventiste de Zaoksky, de la Fédération de Russie, enseigne la musique, et est le chef d’orchestre de l’université de Montemorelos, à Montemorelos, dans l’État de Nuevo León, au Mexique.