New-York, USA – Militantisme des adventistes contre la violence faite aux femmes et aux filles

Mis à jour le 20.03.2007 à 10:08
New-York, USA ? Militantisme des adventistes  contre la violence faite aux femmes et aux filles
5 000 femmes se sont rassemblées au siège des Nations Unies à New York, pour l'organisation de la 51ème session de la Commission sur la Condition de la Femme (CCF). La session, qui commençait le 26 février, se terminait le 9 mars, exprime la détresse de millions de femmes et filles à travers le monde, pour qui l'abus et la violation des droits fondamentaux de l'homme constitue un mode de vie.

Les rapports d'un membre de l’ONU et des experts indiquent qu'environ 55 millions de filles ne vont pas à l'école et que plus de 80 millions seraient mariées à l'âge de treize ans. Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que deux à trois millions de petites filles vivent dans une servitude sexuelle et n'auront jamais accès aux droits fondamentaux de l'homme. 218 millions de petites filles sont des enfants travailleurs.

Viola Poey Hughes a conduit à cette session une délégation de femmes adventistes. Elle dit : « Les politiques et efforts de collaboration font partie des points à l'ordre du jour, mais un besoin de responsabilisation demeure à tous les niveaux, du gouvernement au foyer en passant par la société et l'institution ».

Linda Koh, directrice des ministères auprès des enfants à la Conférence Générale, participe pour la première fois à la CCF. Elle dit que l'Eglise doit émettre autre chose que des paroles de condamnation, dans ce combat contre la violence. « En tant qu'Eglise, nous devons être mieux organisés à tous les niveaux, particulièrement pour donner des soins aux victimes. Dans beaucoup d'endroits dans le monde, les filles se trouvent face à des pratiques sociales et traditionnelles nuisibles, tout comme les mariages d'enfants, la mutilation génitale et l'absence d'éducation ».

L. Koh continue : « Il semble que nous mettions quelquefois trop l'accent (en tant qu'église) sur le bien-être spirituel et le partage de la bonne nouvelle du salut. Nous devons aussi faire quelque chose pour nous occuper des problèmes physiques des gens, car cela peut être un obstacle à leur acceptation de l'Evangile. Pour le moment, il n'y a rien d'officiel qui aille dans ce sens. C'est pourquoi nous nous devons d'être un mouvement audacieux et actif qui s'attaque aux questions d'ordre social ».

Dans sa déclaration lors de la CCF, l'Eglise adventiste a souligné l'importance de développer des programmes concrets et pratiques. Cela inclut notamment des projets d'alphabétisation ou des programmes similaires à 'Touch a Heart' (en français 'Toucher un coeur'), ou 'Tell the World' ('Dites le au monde'), programme qui met l'accent sur l'implication des femmes dans le ministère. Toutes ces activités sont réalisées par le département des ministères des femmes à la Conférence Générale des adventistes.

Jonathan Gallagher, représentant de l'Eglise adventiste à l’ONU, fait remarquer : « Nous avons de fortes convictions en matière de liberté et de responsabilité ainsi qu'en matière de droits de l'homme universels ». J. Gallagher est à l'origine de l'avant-projet de la déclaration de cette année. Il a aussi fait pression en faveur de la participation de femmes adventistes au forum de la CCF. « Notre théologie nous pousse à soutenir les opprimés et les violés en leur apportant du réconfort et la guérison. Ils sont enfants de Dieu ».

La députée secrétaire générale de l’ONU Asha-Rose Migiro, a encouragé la CCF de cette année à faire un pas audacieux pour améliorer la vie des petites filles dans le monde. Elle affirme : « La violence à l'égard des femmes et des filles est toujours aussi présente : elle est perpétrée par des membres de la famille, des étrangers et des agents de l'Etat, dans toutes les régions du monde, que ce soit dans les sphères privées ou publiques, en temps de paix ou de guerre ».

A. Migiro dit aussi que la Convention actuelle des Droits de l'Enfant et la Convention sur l'élimination de toute forme de discrimination contre les femmes (CEDAW) sont inadéquates parce que ni l'une ni l'autre n'est systématiquement applicable par la loi. A. Migiro exige des poursuites judiciaires et la punition des coupables ; elle exige aussi plus de ressources et une campagne concertée pour réformer les attitudes stéréotypées que les hommes et les garçons ont envers les femmes et les filles.

L. Koh est d'accord sur le fait qu'il faut faire davantage pour s'assurer que les gouvernements se plient aux mandats des Nations Unies. « Des sommets comme ceux-là exercent beaucoup de pression sur les gouvernements, mais il n'y a pas autant de responsabilisation qu'il devrait y en avoir. C'est pour cette raison que les organisations non-gouvernementales (ONG) doivent prendre plus de responsabilité pour faire ce que les gouvernements ne font pas ».

L. Koh croît que l'Eglise adventiste peut faire la différence en s'impliquant davantage dans les problèmes sociaux. « L'Eglise fait vraiment beaucoup pour susciter une prise de conscience, mais j'ai l'impression que nous ne sommes pas aussi impliqués que le sont certaines ONG ».

« Nos départements de ministères auprès des femmes, des enfants et de la jeunesse ont besoin de mettre l'accent sur l'impact sur la communauté. Nous devons réduire ces problèmes, mettre en place des abris et lutter contre le trafic humain. Beaucoup de personnes font cela à un niveau de base et l'église doit soutenir à fond ces laïcs dans leurs efforts ».

La CCF de cette année a attiré des femmes originaires de plus de cent états membres comme le Maroc, la Chine, l'Indonésie, la Roumanie, l'Italie, le Ghana, le Kenya et l'Australie. Cinq adventistes représentaient l'Eglise lors de cette rencontre : Viola Poey Hughes, Linda Koh, Nancy Kyte, Debbie Rapp et Yvonne Knight. N. Kyte est directrice de marketing au département de la mission adventiste à la Conférence Générale. D. Rapp et Y. Knight travaillent dans les bureaux de l'église locale aux Etats-Unis.
Source ANN/BIA