Karachi, Pakistan – Les chrétiens d’Essa Nagri persécutés

Mis à jour le 29.05.2012 à 11:00
Karachi, Pakistan ? Les chrétiens d?Essa Nagri persécutés

Un groupe d’extrémistes a fait irruption dans le quartier chrétien d’Essa Nagri, à Karachi au Pakistan, ouvrant le feu et blessant trois chrétiens qui ont dû être hospitalisés. Les terroristes ont aussi frappé l’Église adventiste du septième jour et l’Église de Saint-Luc.

 

L’épisode remonte au 19 mai 2012, rapporte l’agence d’information vaticane "Fides" le 26 mai. Aftab Bhatti Khairat Masih, 40 ans, Khurram Afzal, 22 ans, et Khurram Ishaq, 15 ans, ont été victimes de cette attaque terroriste. Elle soulève à nouveau la question de l’insécurité et des persécutions à l’encontre des communautés chrétiennes d’Essa Nagri et d’autres faubourgs de Karachi, capitale de la province du Sindh. Dans cette ville, la violence sectaire est très répandue.

 

La population chrétienne d’Essa Nagri est terrorisée. Les incursions violentes, diurnes et nocturnes, de groupes d’extrémistes islamiques se multiplient. Dans ce quartier vivent environ 50’000 chrétiens dans des conditions de pauvreté extrême. Environ 15 Églises de différentes dénominations y cohabitent. Les militants entrent à Essa Nagri les armes au poing, saccagent les maisons et commettent des violences contre des familles sans défense. Ils dérobent, pratiquent l’extorsion en disant devoir percevoir la jizya (la taxe prévue par la charia sur la tête de tout non musulman habitant en terre d’islam), frappent des victimes innocentes, violent les femmes.

 

La vie du parlementaire chrétien Saleem Khursheed Khokhar en danger

La communauté chrétienne du Sindh craint pour la vie du parlementaire chrétien Saleem Khursheed Khokhar, président du Comité permanent pour les Minorités et président de la "All Pakistan Minorities Alliance" (APMA) de la province. Khokhar semble être la cible de groupes extrémistes à Essa Nagri, à cause de son engagement en faveur des minorités chrétienne et hindoue. Il continue de recevoir des menaces, précise "Fides", comme par exemple: "Ici est un pays pour les musulmans. Personne d’autre ne peut y vivre".

Khokhar l’a signalé aux autorités de police qui ont ignoré ses plaintes.

Source : APIC/FIDES/PA/GGC/BIA