Le Cap, Afrique du Sud - Lutter contre la haine et l’extrémiste religieux au nom de la liberté religieuse

Mis à jour le 07.03.2007 à 21:21
Le Cap, Afrique du Sud - Lutter contre la haine et l?extrémiste religieux au nom de la liberté religieuse
Plus de 500 personnes, notamment des officiels de gouvernement, des ambassadeurs, des dirigeants de l'église et différents experts de droit public, notamment de liberté religieuse se sont retrouvés du 27 février au 3 mars au Centre international des Congrès de la ville du Cape en Afrique du Sud.

Ce sixième congrès était organisé par l’IRLA (association internationale pour la liberté religieuse). « Combattre la haine religieuse en défendant la liberté de croyance » fut le thème proposé par John Graz, secrétaire général de l’IRLA pour ce Congrès.

Dans son allocution de bienvenue, Paul Ratsara, président de l'IRLA pour le sud de l'Afrique, a fait référence aux pères et aux leaders d'Afrique du Sud, dont Nelson Mandela qui a purgé une longue peine à la prison de l'île Robben. Les Congressistes ont pu visiter le vendredi, le bagne et la cellule de Nelson Mandela.

Paul Ratsara déclara : « Ces personnes étaient sous le joug de l'oppression humaine. Pourtant, elles sont restées libres dans leur âme et leur esprit. Les souffrances qui leur ont été infligées n'ont servi qu'à renforcer leur résolution de persister dans le combat contre l'oppression humaine et pour l'avancement et la protection des droits de l'homme ».
A propos de l'importance de l'évènement, il dit : « Votre rencontre d'aujourd'hui est un symbole important de votre engagement pour la protection et l'avancée mondiale des droits de l'homme ».

Il ajoute : « Nous sommes ici pour affirmer et confirmer notre croyance dans le fait que la liberté religieuse est un droit naturel. Nous sommes ici pour affirmer avec amour mais aussi avec une conviction forte, notre croyance dans le droit naturel et inaliénable de la liberté de conscience (avoir ou non une religion). La liberté religieuse est une des pierres angulaires de toute nation car la puissance d'une conscience individuelle libre ancrée dans les mains de Dieu est bien plus grande que n'importe quelle richesse ou liberté politique dont l'humanité pourrait un jour faire l'expérience ».
John Graz, secrétaire général de l'IRLA a clairement indiqué l’importance d’un tel congrès. « Aussi longtemps que le droit de choisir sa religion n'est pas respecté, et aussi longtemps que des innocents font face à une discrimination, sont persécutés et privés de leurs droits naturels à cause de leurs croyances, nous avons besoin de congrès sur la liberté religieuse comme celui-ci ».

Le choix de la ville du Cap était un acte délibéré dans le but d'aborder les problèmes rencontrés en Afrique et dans le reste du monde. Car c'est le premier congrès mondial sur la liberté religieuse qui se tient en Afrique. « Notre venue au Cap ne changera pas le monde en un jour, mais cela contribuera à montrer au monde que la discrimination religieuse et la persécution ne sont pas inévitables. Il y a des personnes venant du monde entier, de fois et traditions différentes, qui veulent démontrer qu'il y a une autre façon de traiter les différences. Ces personnes ont choisi de venir à ce congrès au Cap parce qu'elles sont déterminées à promouvoir la paix et la justice pour tous les peuples, au travers de la liberté religieuse ».

Dans son discours d’ouverture du programme, Denton Lotz, président d'IRLA et pasteur baptiste a identifié le principal objectif : « Notre but va au-delà d'une simple coexistence sur la planète terre. Notre but devrait plutôt être la 'pro-existence', vivre ensemble avec confiance pour une société juste et équitable pour tous; y compris pour les pauvres, les persécutés et les opprimés. ... Si notre recherche et notre défense de la liberté religieuse mènent à tel style de vie (après le congrès), alors nous combattrons les haines religieuses partout où nous sommes ».

Les premiers invités mis en avant sont des représentants de différents secteurs interreligieux d'Afrique du Sud. Ils ont parlé de "la solidarité raciale et religieuse : l'expérience de l'Afrique du Sud". Parmi eux, on distingue Nokuzola Mndende qui représente la religion traditionnelle africaine; Aslam Fataaz, dernier président du mouvement des jeunes musulmans d'Afrique du Sud, Ela Gandhi, petite-fille de Mahatma Gandhi et présidente d'honneur de la fédération mondiale de la religion et de la paix; Docteur Monzegi Guma de la commission sur les droits linguistiques, religieux et culturels et le Père anglican John Oliver, président et fondateur de l'initiative inter-foi du Cap. Ces intervenants ont partagé leur expérience du combat contre l'apartheid et de la formation de coalitions inter-foi pour entretenir l'harmonie religieuse et les droits de l'homme dans la nouvelle Afrique du Sud.

Bien des personnalités ont affirmé la valeur de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Différents thèmes furent abordés ainsi que des présentations des situations dans différents continents. Afrique, Nord Amérique, Pacifique, Europe et Afrique du Nord, Amérique du Sud, Asie, etc.

Le représentant de la France, Jean-Paul Barquon, exposa les remarques pertinentes du rapport sur la situation française de Madame Asma Jahangir, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation bien complexe en France de la liberté religieuse. La législation de 2001 sur les mouvements sectaires portant atteintes aux libertés fondamentales et celle de 2004 sur l’interdiction du port de signes religieux dans les établissements scolaires publics ont besoin d’être comprises en dehors de la France. Jean-Paul Barquon s’est attardé sur la neutralité de l’Education nationale dans le régime de la laïcité française, régime de séparation et de tolérance. Pour lui, « les zones d’ombres en France, mentionnées dans le rapport de l’ONU, doivent recevoir l’éclairage des normes internationales applicables à la liberté religieuse, notamment au niveau des droits de l’enfant en matière d’éducation ».

Différentes associations régionales et internationales étaient représentées : Carla : Carribean religious liberty Association, IRLA Europe-Asie, IRLA Afrique centrale-Ouest, ABLIRC (Association brésilienne de liberté religieuse, IRLA Asie-pacifique, CARL ( association chilienne de liberté religieuse), AIDLR Europe (Association internationale pour la défense de la liberté religieuse), AIDLR-France, etc.
Sources : BIA/ANN