Watford, Grande-Bretagne - Les chrétiens s'interrogent sur des règlementations fondées sur l'orientation sexuelle des personnes

Mis à jour le 24.01.2007 à 17:04
Watford, Grande-Bretagne - Les chrétiens s'interrogent sur des règlementations fondées sur l'orientation sexuelle des personnes
Le mardi 9 janvier, des chrétiens anglais contestataires, de différentes origines, ont fait les gros titres de la presse anglaise en manifestant contre les nouveaux règlements de protection des droits des homosexuels devant le parlement anglais. Depuis, les citoyens qui se sont sentis concernés (notamment des adventistes) ont présenté une pétition aux représentants du parlement en faveur d'un vote contre ces mesures imminentes.

Cette loi de protection contre la discrimination de biens, d'équipements et de services, est fondée sur l’orientation sexuelle. Elle se rapproche des lois qui interdisent la discrimination religieuse et raciale.

Déjà en vigueur en Irlande du Nord et première loi de l'année, il est prévu qu’elle soit mise en application au mois d’avril sur le continent de la Grande-Bretagne. Bien que la motion ait été renversée par un vote de 199 contre 68, ses ramifications continuent de provoquer l'inquiétude parmi les chrétiens. Victor Hulbert, directeur des communications de l'Eglise adventiste en Angleterre, déclare : « Protégeant un groupe minoritaire, cette réglementation est en fait discriminatoire pour la religion ».

Les dirigeants de l'Eglise décrient cette loi comme une tentative de s'imposer sur la conscience. Thomas Cordrey, avocat et analyste de la politique publique pour l'association chrétienne des avocats, affirme de son côté : « Actuellement, ces règlementations ne vont pas à l'encontre de l'équilibre établi entre les différentes façons de vivre. Les chrétiens ne souhaitent pas faire de distinction injustifiée sur la base de l'orientation sexuelle, mais ils ne peuvent pas et ne doivent pas non plus être forcés de fermer les yeux et de promouvoir des pratiques sexuelles considérées comme étant mauvaises, d'après ce que la Bible enseigne. C'est une question fondamentale de liberté de conscience ».

Le rassemblement de protestation du 9 janvier coïncidait avec une discussion à la Chambre des lords durant laquelle les législateurs ont discuté d'une motion introduite par Lord Morrow. Cette motion proposait que les règlements de l'Irlande du Nord soient abrogés afin qu'ils puissent à tour de rôle être amendés pour protéger la liberté de religion et de conscience.

Lord Morrow a déclaré au cours du débat : « Ces mesures permettent aux homosexuels militants de poursuivre en justice les personnes qui se trouvent en désaccord avec leur mode de vie, ce à cause de leurs croyances religieuses. Ils exigent des institutions religieuses qu'elles choisissent entre obéir à Dieu et obéir à l'Etat ».

Le pasteur Don W. McFarlane, président de l'Eglise adventiste en Grande-Bretagne et responsable du département des affaires juridiques et de la liberté religieuse, a écrit sur ce sujetr dans un numéro du 5 janvier de la revue « The Messenger ». D'après lui, la législation fondée sur l'orientation sexuelle pourrait s'introduire dans le programme scolaire national, en exigeant des écoles qu'elles mettent en place du temps pour débattre de l'hétéro ou de l'homosexualité comme étant des modes de vie aussi acceptables l'un que l'autre.

D. W. McFarlane écrit : « Nous nous inquiétons, d'autres leaders religieux et moi-même, que ces lois discriminatoires puissent être utilisées pour promouvoir l'homosexualité au lieu de la désapprouver. On a octroyé aux églises pas mal de protection, bien que je suis certain que cela sera remis en cause dans l'avenir ». D. W. McFarlane fait allusion ici aux problèmes particuliers rencontrés au niveau du travail confessionnel, travail qui requiert des candidats qu'ils adhèrent aux convictions doctrinales de la dénomination. Pour ce qui est de l'adventisme, notre conviction évangélique inclut un mode de vie hétérosexuelle.

V. Hulbert dit que si elle n'est pas contrecarrée, la législation pourrait aussi affecter les maisons d'édition chrétiennes qui décideraient de ne pas publier de la littérature pro-homosexuelle, tout comme elle pourrait affecter les églises qui préfèreraient ne pas louer leurs bâtiments pour des cérémonies d'unions civiles homosexuelles.

V. Hulbert et D. W. McFarlane recommandent aux adventistes anglais de faire pression sur les membres du parlement avant que la législation, dans l'état actuel des choses, ne devienne une loi.