Paris, France - Appel aux parlementaires européens : « Non à la directive de la honte ! »

Mis à jour le 05.12.2007 à 21:18
Paris, France - Appel aux parlementaires européens : « Non à la directive de la honte ! »
Le Conseil de la Fédération protestante de France (FPF), réuni le 1er décembre 2007, soutient l’appel lancé, en novembre, par la Cimade (Service œcuménique d’entraide), membre de la FPF, aux parlementaires européens concernant un projet de directive sur la rétention et l’expulsion des étrangers. Cet appel intitulé « Non à la directive de la honte ! » met en garde contre ce projet de directive qui sera présenté au Parlement européen et qui, s’il est adopté, marquerait une nouvelle régression quant aux protections fondamentales des personnes. Cette directive prévoirait une rétention administrative pouvant atteindre 18 mois pour des personnes étrangères et instaurerait une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées. Ce projet de directive ouvrirait, de fait, la voie à une généralisation d’une politique d’internement des migrants.
En s’associant à cet appel et en signant la pétition qui l’accompagne, la FPF manifeste une nouvelle fois sa préoccupation concernant les politiques en matière d’immigration et d’asile qui tendraient à réduire les garanties et les protections des personnes. Elle exhorte le Parlement européen à rejeter cette directive et à défendre les valeurs et les libertés fondamentales.
La FPF invite les Églises membres de la Fédération et les mouvements qui leur sont proches à soutenir cet appel « Non à la directive de la honte » et renouvelle son encouragement à veiller aux conditions d’accueil, de protection et d’accompagnement des migrants (cf. communiqué de la FPF, 1er octobre 2007).

Le mercredi 5 décembre, les membres du Comité de l’Union des Fédérations adventistes et le président Jacques Trujillo, pasteur adventiste, ont donné leur accord pour soutenir cet appel de la Cimade.

Le communiqué de la Cimade :

« Non à la directive de la honte ! Appel aux parlementaires européens

Au mois de janvier 2008, un projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.

Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L'Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les sans-papiers.

Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression.
En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes.
En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.

Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.

Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la systématisation des camps et de l'éloignement forcé.
Nous appelons les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet. »


Sources : BIP/Cimade/BIA