Montréal, Canada – Au Québec l’école est le lieu de la diversité religieuse

Mis à jour le 29.11.2006 à 11:49
Montréal, Canada ? Au Québec l?école est le lieu de la diversité religieuse
L'année 2006 aura été particulièrement mouvementée en matière d'actualité religieuse, notamment dans le monde scolaire, à commencer par le jugement de la Cour suprême sur la question du kirpan. Mais quel est l'état actuel des appartenances confessionnelles chez les jeunes de moins de 15 ans de la région de Montréal?
En 2001, 18,3 % de la population de la région montréalaise est constituée de jeunes âgés entre 0 et 14 ans. Tout près de cette moyenne, la proportion de jeunes du même âge atteint 17,4 % chez les catholiques et 19,2 % chez les juifs. Naturellement, la proportion de jeunes est sensiblement plus élevée au sein des confessions marquées par l'apport d'immigrants récents: les familles comptent un peu plus d'enfants et les personnes de plus de 40 ans sont moins nombreuses à avoir immigré.

C'est au sein de la communauté musulmane qu'on trouve la plus grande part de jeunes, soit 29,2 %. De la même façon, au moins un quart des effectifs adventistes, pentecôtistes et hindous est constitué de jeunes de moins de 15 ans.

À cause du vieillissement de la frange immigrante parmi les bouddhistes ainsi que des conversions au christianisme qui se sont produites au sein de quelques groupes ethniques, les jeunes sont moins nombreux en proportion, leur représentation se limitant à 17,5 %. En même temps, les conversions en faveur du bouddhisme se font tard à l'âge adulte.

Les Églises pentecôtiste, adventiste et baptiste ainsi que plusieurs autres Églises de la mouvance évangélique, davantage alimentées par l'immigration récente, comptent en leurs rangs beaucoup plus de jeunes que les autres Églises protestantes fréquentées par les Québécois d'origine britannique. Les moins de 15 ans occupent en effet une portion congrue au sein des effectifs des Églises unie, anglicane, luthérienne et presbytérienne, soit entre 10 et 15 %. De plus, ces dernières Églises ont été davantage affectées par l'émigration des jeunes adultes dans les années 1975-90, par la défection de fidèles en faveur des Églises évangéliques ainsi que par le mouvement de désaffiliation confessionnelle, ce dernier phénomène étant un peu plus accusé en milieu anglo-protestant.

La part des non-chrétiens parmi les jeunes

Dans la région de Montréal, 9,5 % des jeunes de moins de 15 ans sont affiliés à une foi qui n'est pas chrétienne. Dans le groupe, 4,5 % sont musulmans et 2,8 % sont juifs. Les jeunes bouddhistes et hindous représentent à peine un enfant montréalais sur 100.
Cette proportion de jeunes non chrétiens pourra apparaître plus basse que prévu entre autres parce que ce pourcentage moyen aplanit le fait que les jeunes juifs, musulmans, bouddhistes, hindous et sikhs sont davantage concentrés dans certains quartiers (Saint-Laurent, Côte-des-Neiges, Parc-Extension, etc.), une réalité locale qui n'est pas sans créer un effet d'amplification dans les perceptions. Notons que ces quartiers ne se posent pas comme des enclaves réservées à une seule minorité ethnoreligieuse. Ceux-ci sont en fait multiethniques et multiconfessionnels, un phénomène typiquement montréalais.

Le poids des minorités non chrétiennes dans la région montréalaise apparaît vraiment faible dès lors qu'on établit une comparaison avec la situation torontoise, où 21,1 % des jeunes sont affiliés à une tradition religieuse orientale. Cela étant, contre toute attente peut-être, il demeure qu'à Montréal, 80,6 % des enfants de 14 ans et moins sont chrétiens et que ceux-ci sont catholiques à 70,4 %.

Le recul spectaculaire de la pratique religieuse observé depuis trois ou quatre décennies au Québec est un phénomène qui ne manque pas de se poursuivre au sein de la génération des enfants d'âge scolaire. Il reste que les données de recensements font découvrir que 90,5 % des jeunes de moins de 15 ans sont associés à une tradition religieuse, qu'elle soit chrétienne ou non. C'est dire que moins d'un enfant sur dix (9,5 %) n'est affilié à aucune confession. C'est une part non négligeable, certes, mais elle est tout de même assez loin de ce qu'on aurait pu anticiper si on se fie au très faible taux de pratique. [...]

Une diversité propre aux enfants

Malgré l'impression laissée par les débats médiatisés, hormis les catégories de travailleurs de première ligne en contact direct et régulier avec les immigrants et leurs enfants (services gouvernementaux, monde de la santé, enseignants, etc.), la plupart des Québécois se trouvent moins en contact avec les nouvelles formes de la diversité religieuse qu'on le laisse entendre.

Remarquons bien d'où provient la majorité des débats qui surgissent périodiquement: essentiellement du monde scolaire. C'est dire que ceux qui sont vraiment et directement en contact avec la diversité religieuse, ce sont bel et bien les enfants.

Comme les enfants finissent par revêtir les convictions des adultes, on ne peut pas nier que les parents et les professeurs peuvent jouer un rôle clé dans la tournure dudit contact. [...] Nécessairement, on devra offrir aux enseignants concernés une formation pédagogique qui soit vraiment à la hauteur des visées du programme «Éthique et culture religieuse».

Par ailleurs, la nouvelle fonction d'intervenant du Service animation, vie spirituelle et engagement communautaire (SAVSEC) doit obligatoirement prendre en compte l'expérience de la diversité religieuse des jeunes, car ce sont d'abord les jeunes qui font de la diversité religieuse québécoise une expérience.
Frédéric Castel, Groupe de recherche interdisciplinaire sur le Montréal ethnoreligieux (GRIMER), Université du Québec à Montréal
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