Vendredi : Le jugement final et l’amour de Dieu

Méditations spirituelles 12/11/2021

Le message du troisième ange

Le message du troisième ange est un avertissement destiné à persuader les êtres humains d’éviter le sort des méchants en choisissant le camp de l’Agneau. Cet avertissement solennel conduit à une description du but ultime du jugement final. Le langage et l’imagerie musclés persistent : « il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau » (Ap 14.10)[1].

LE JUGEMENT FINAL ET LA CROIX

Le verbe grec basanizo (« torturer, tourmenter ») véhicule une idée qui, aujourd’hui, répugne à la plupart des gens. Ce verbe désigne une douleur physique et/ou mentale atroce sur laquelle l’individu n’a aucun contrôle (voir 2 P 2.7,8). Dans l’Apocalypse, il est utilisé pour décrire la douleur intense que la femme ressent pendant l’accouchement (Ap 12.2). Dans le cas des méchants, le verbe est employé au futur, à la forme passive – « il sera tourmenté ». La question est de savoir qui ou quoi les tourmente. Pour trouver des réponses, penchons-nous sur la formulation et l’intention du passage.

DEVANT L’AGNEAU

Les méchants sont tourmentés « devant les saints anges et devant l’agneau ». Nous avons ici l’image des méchants souffrant d’une douleur intense alors qu’ils se tiennent devant les anges et devant l’Agneau. Cette image de Jésus accompagné des anges trouve ses racines dans des passages de l’Ancien Testament, lesquels annoncent que Dieu, escorté par les anges, revient pour juger les méchants et sauver son peuple (Dt 33.2 ; Za 14.9). Dans le Nouveau Testament, certains passages décrivent la réalité visible et glorieuse de la venue du Christ. À son retour, Christ viendra escorté par ses anges (Mt 16.27 ; 25,31,32 ; Mc 13.26,27). Ce sera l’apparition la plus glorieuse de Jésus aux êtres humains, et tous le verront (Ap 1.7) ; ils se tiendront en sa présence (voir Ap 6.16,17). Apocalypse 14.10 ne parle pas de la seconde venue de Jésus, où seuls ceux qui sont vivants le verront. L’ange emprunte ici le langage du retour de Jésus pour nous informer que lors du jugement dernier, Christ apparaîtra une dernière fois aux méchants de tous âges ainsi qu’au chérubin déchu.

L’AGNEAU ET LA CROIX

Le fait que le langage du troisième ange soit très précis n’est pas à négliger. Les méchants se tiennent devant l’Agneau, pas devant le Roi des rois, ni même devant le Seigneur. Lorsqu’ils lèvent les yeux, ils voient Christ en tant qu’Agneau de Dieu qui, sur la croix, a manifesté l’amour infini de Dieu pour toutes ses créatures. Dans l’Apocalypse, l’image de l’Agneau immolé est une expression visuelle de l’Évangile du salut par la foi en la mort sacrificielle de Jésus (Ap 5.9). L’Évangile éternel concerne précisément la nature aimante de Dieu, laquelle est toujours orientée vers l’autre. Jésus a déclaré : « Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jn 12.32), les uns pour le salut (Jn 3.14,15), les autres pour le jugement (Ap 14.10). Dans le tribunal de Dieu, les méchants et toutes les puissances maléfiques sont ramenés à la révélation la plus profonde qui ait jamais été révélée de l’amour de Dieu dans l’histoire de l’univers.

Tandis qu’ils regardent l’Agneau, ils comprennent que Dieu, effectivement, est un Dieu d’amour, de justice, et que le conflit cosmique était injustifiable. Ellen White parle du moment où le trône du Christ s’élève au-dessus des murs de la nouvelle Jérusalem ; les méchants le voient « au-dessus du trône, sous l’emblème de la croix »[2]. Elle écrit également : « Devant la vision du Calvaire et de sa mystérieuse Victime, les pécheurs se tiendront condamnés »[3]. Nous pourrions peut-être conclure que ce qui tourmente les méchants, c’est la manifestation de l’amour de Dieu à travers l’Agneau. Cet amour réveille leur sentiment de culpabilité, et ils se voient tels qu’ils sont réellement, tout en se rendant compte qu’ils sont éternellement séparés d’un Dieu si merveilleux. La douleur sera d’une atrocité indescriptible. On peut dire sans se tromper que l’amour de Dieu révélé dans la mort sacrificielle de l’Agneau – amour qui remplit le cœur du peuple de Dieu de joie et de gratitude – remplira le cœur des méchants d’une douleur et d’une culpabilité intenses. S’ils avaient accepté le don du salut offert par l’Agneau, ils auraient échappé au jugement de condamnation. L’apparition de l’Agneau aux méchants amènera le conflit cosmique à une résolution pacifique.

L’HARMONIE COSMIQUE

Au tribunal, lors du jugement dernier, la preuve la plus convaincante que Dieu soumettra aux méchants, à Satan et à ses démons, c’est son amour désintéressé révélé sur la croix par l’Agneau qui a été immolé. En fait, c’est la seule preuve qu’il présentera, car elle est largement suffisante. Celui dont la puissance de persuasion est insondable assurera, pendant l’éternité, le soutien de l’univers tout entier. En regardant la Victime sacrificielle, les forces du mal reconnaîtront et confesseront que Dieu est vraiment juste dans son jugement à leur égard, et qu’elles méritent de mourir parce que c’est ce qu’elles ont choisi. Jean a anticipé ce moment lorsqu’il a écrit : « Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s’y trouve, je les entendis qui disaient : À celui qui est assis sur le trône, et à l’agneau, soient la louange, l’honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! » (Ap 5.13 ; voir Jude 14,15). L’univers tout entier confessera d’une seule voix « que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Ph. 2.11). Dans la conflagration finale, le cosmos sera purifié de la présence des puissances du mal et du résultat de leur œuvre. « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre » (Ap 21.1).

CONCLUSION

L’amour encadre le conflit cosmique. Avant l’apparition du péché, l’univers vibrait en parfaite harmonie par la puissance de l’amour. Et avant la fin du conflit, l’amour restaurera à toutes choses une parfaite harmonie. Au cœur même du message des trois anges se trouve cette histoire merveilleuse aux dimensions cosmiques que le monde entier doit entendre en préparation au retour de Jésus. L’Église doit s’efforcer de mettre chacun de ses enseignements, en particulier son eschatologie, et chacun de ses actes au service de l’Évangile éternel du salut par la foi en l’Agneau (voir Ap 14.12). C’est là le message du Seigneur pour le monde – message que nos paroles et nos actes doivent incarner.

Questions pour la réflexion

  1. Comment pouvons-nous partager avec d’autres l’équilibre parfait entre amour et justice dans le caractère de Dieu ?
  2. Discutez de la citation suivante tirée de la lecture d’aujourd’hui : « L’amour encadre le conflit cosmique. » Comment cela affecte-t-il notre marche quotidienne avec Jésus ?
  3. Comment pouvons-nous partager le plus efficacement possible la bonne nouvelle du message des trois anges avec la prochaine génération d’adventistes ?

L’Évangile éternel concerne précisément la nature aimante de Dieu, laquelle est toujours orientée vers l’autre.


[1] Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

[2] Ellen G. White, La tragédie des siècles, p. 724.

[3] Idem., Jésus Christ, p. 41.


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