Témoignage : Quand Dieu délivre d’une situation difficile

Méditations spirituelles 25/07/2021

Par Amélie Géran

Je me souviens bien de ce jour où je suis entrée dans son bureau.

J’en suis ressortie avec les larmes amères d’un profond sentiment d’injustice. Ne pouvant supporter d’avantage cette situation que je supportais depuis déjà trois années.

J’avais enfin décroché mon premier vrai job, une opportunité en or ! Un CDI dans une entreprise reconnue et implantée dans un beau quartier parisien. C’était le job idéal, une création de poste, tout à construire, une organisation à mettre en place, bref un boulot sur mesure. J’avais mon petit bureau paisible dans un magnifique bâtiment cossu et classé qui plus est.

Ma chef semblait une dame charmante et après avoir enchaîné des petits boulots, j’étais ravie de pouvoir enfin poser mon baluchon et démarrer cette toute nouvelle aventure.

Les choses se passaient agréablement bien, je donnais le meilleur de mon potentiel pour fournir un travail de qualité qui satisfasse ma chef. Et puis au bout d’un certain temps je commençais à entre apercevoir des choses qui me laissaient perplexe. Les méthodes de travail de ma responsable, son approche autoritaire et implacable ont commencé à avoir un effet nocif. En discutant avec mes collègues, je comprenais qu’il y avait en fait quelque chose qui ne tournait pas rond.

Les jours passant je me sentais de plus en plus mal à l’aise en sa présence, et je ne comprenais pas sa façon de voir les choses, ses manières dures et injustes. Un jour, un collègue qui avait été absent depuis longtemps à cause d’une importante blessure, fut enfin de retour au bureau, ravi de pouvoir remettre la main à la pâte. D’un ton moqueur et désinvolte elle signa un document qui allait renvoyer cette personne chez elle, pour cause d’incapacité, alors que le médecin du travail avait validé sa reprise de poste. C’était un coup terrible au moral de cet homme si dévoué à son travail.

Il retourna donc chez lui, l’esprit complètement abattu, démoralisé et contrarié. Je ressentais une profonde compassion pour ce monsieur et j’étais atterrée de cette méthode expéditive et dépourvue de pitié.

Je découvrais que ma responsable était en fait une personne angoissée, hystérique et lunatique. Il était en fait difficile de prévoir son humeur du jour et il fallait constamment jongler entre ses sautes d’humeur et ses nombreux désidératas extrêmement exigeants.

Le mal aise augmentant, j’allais travailler le cœur serré et les jours où elle était absente étaient finalement des jours de repos émotionnel pour tout le service. Nous étions tous solidaires dans cette situation que nous ne pouvions pas changer. Nous devions nous adapter un peu comme des caméléons, supporter vaillamment la servitude et attendre que l’orage passe. Mais il ne passa pas.

Trois années venaient ainsi de s’écouler sans aucune alternative pour nous et je commençais sérieusement à penser à la démission. C’était compliqué dans mon esprit car j’avais des projets de mariage et de logement. Quitter ce job était risqué et en dehors de cet aspect relationnel difficile, j’aimais mon travail et mes collègues, je m’épanouissais dans ce que je faisais.

Un jour elle m’appela. Je pensais que pour la énième fois j’allais devoir corriger le même courrier, ne serait-ce que pour une virgule mal placée ou un espace oublié. Chose étrange j’ai totalement oublié les faits exacts de notre conversation de ce jour-là. La seule chose dont je me souviens c’est qu’elle s’est mise en colère contre moi. Une espèce de fureur envahi soudain son visage et pour la première fois je ne pus contenir mes mots. J’osais cette fois la contrecarrer et défendre ce qui me semblait juste.

Erreur fatale ! Que n’avais-je donc osé faire à cette heure. Elle m’invectiva de plus belle et la tension devint palpable, la scène me sembla soudain insupportable. Sans avoir attendu la fin de notre échange, je me suis précipitée en dehors de son bureau pour sortir du bâtiment. Je me suis mise à marcher à vive allure dans la rue, tout mon corps tremblait comme une feuille, je ne savais où aller ni que faire. Je venais d’essuyer ce qui pour moi s’apparentait à une nouvelle profonde injustice et il ne m’était pas possible, à ce moment précis, de la surmonter. A cet instant je me mise à pleurer à chaudes larmes, comme une enfant. J’implorais Dieu comme jamais, je le suppliais de me délivrer de cette situation intenable. Je lui demandais avec instance de m’arracher de cette condition et lui avouais ma faiblesse à pouvoir la supporter encore.

Je fis une chose qui pourrait sembler incompréhensible. Après que la pression fut redescendue et que je repris mon calme, je retournais voir ma responsable le lendemain en m’excusant de mon comportement. Elle acquiesça et la routine reprit son cours.

Peu de temps après cet événement, je parti en vacances. Il se passa quelque chose de complètement fou en mon absence et je n’en avais aucune idée. De retour au bureau, ma responsable n’était pas là ; je demandais pour elle et on m’informa qu’elle avait quitté définitivement l’entreprise. En fait elle avait été licenciée après que l’on ait découvert une importante ingérence de sa part, dans une affaire très grave de gestion dont j’ignorais totalement l’existence.

J’étais abasourdie, je n’en revenais pas. Voilà à quoi peut ressembler le genre de délivrance que Dieu est capable d’opérer pour ceux qui se confient en lui. Dans le secret il avait tout orchestré pour qu’en mon absence l’on découvre l’incompétence profonde de cette personne. Je savais, j’avais vu de mes yeux qu’elle n’était pas capable de manager les deux services dont elle était responsable. Nous étions tous lucides sur ses manquements d’ordre relationnels, mais jamais je n’aurai pensé ni même imaginer une telle fin, aussi rapide que radicale.

Je ne me sentais pas digne, mais je ressentais une grande reconnaissance envers Dieu d’avoir entendu et exhaussé mes prières et mes supplications.

Les méthodes de notre Dieu sont incroyables pour l’œil humain, elles nous dépassent et sont souvent surprenantes. Pourvu que l’on demande la délivrance avec un cœur humble et le souci du respect de nos supérieurs et de tous ceux qui nous entourent.

Je n’ai jamais eu, par la grâce de Dieu, de rancœur ni de haine envers cette personne. J’avais au contraire de la compassion et bien que cette situation fût devenue insoutenable, je la respectais tant dans son rôle hiérarchique que dans sa personne au point même de vouloir l’aider.

Je voudrais que l’on se souvienne de ces paroles de la Bible : « Le malheur atteint souvent le juste, mais l’Eternel l’en délivre toujours » Psaumes 34 : 19.

Ce court épisode de ma vie est la preuve pratique de la véracité de cette simple parole, croyez-le le Seigneur est toujours prêt à nous délivrer de nos difficultés, toutefois il le fera en son temps, mais attention son temps peut parfois être très court.

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