S’épanouir dans la grâce

Méditations spirituelles 01/06/2021

June 2021 | Bill Knott | Adventist World

Bien avant d’apprendre à lire, j’ai entendu à l’École du sabbat que le ciel était un lieu avec des arbres. C’était suffisant pour moi. J’ai décidé d’y aller.

Pour moi, les arbres étaient, de tout ce qui pousse, les choses les plus bienveillantes. Ils n’étaient pas fragiles comme les fleurs, ou changeants comme des frères. Je pouvais compter sur un arbre pour avoir de l’ombre verte et fraîche lors d’après-midis aux chaleurs étouffantes, pour m’abriter lorsqu’une averse détrempait le terrain de jeu, pour partager des moments de silence lorsque j’avais besoin d’être seul. Et puis il y avait ces escalades sauvages et joyeuses tout en haut – là où les branches soutenaient à peine ma carrure trapue et auxquelles je m’accrochais lorsque les vents soufflaient très fort.

Je me suis promené parmi les érables géants plantés dans les allées de la Nouvelle-Angleterre par des fermiers disparus depuis déjà deux siècles. Ils s’imaginaient le jour – des décennies plus tard – où leurs petits-enfants et les petits-enfants de ceux-ci seraient ravis par la sève montante du printemps, par la grande tente verte de l’été, par les rouges et oranges brillants de l’automne. Ils ont investi dans un avenir qu’ils ne verraient jamais, et pourtant, ils en ont retiré une grande satisfaction.

Et en grandissant dans le Seigneur, j’en suis venu à comprendre la juste comparaison du psalmiste entre le peuple de Dieu et les arbres qui donnent la vie : « Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point » (Ps 1.3) [1]. J’ai connu de telles âmes riches, bien arrosées – des hommes et des femmes qui ont affronté l’adversité et la souffrance comme de vieux gommiers résistent au feu : « La souche de ce peuple donnera une sainte descendance. » (Es 6.13, S21) En s’abreuvant quotidiennement à l’Esprit, ils ont trouvé de nouvelles sources de renouvellement – du courage face à un cancer ; de la confiance quand leur entourage était en détresse ; de la bonté alors que la foule saisissait des gourdins.

En un mot, ils étaient résilients – des êtres humains apprenant à vivre les qualités de la vie du royaume alors qu’ils grandissent ici-bas. Leur calme et leur bienveillance m’ont rappelé que les témoins les plus efficaces de la vie ressuscitée ne se précipitent pas toujours dans un empressement zélé. Parfois, ils grandissent et abritent simplement, créant des sanctuaires pour ceux qui ont besoin de la paix qui surpasse toute intelligence (Ph 4.7) :

« Plantés dans la maison de l’Éternel,
« ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu ;
« ils portent encore des fruits dans la vieillesse,
« ils sont pleins de sève et verdoyants » (Ps 92.14,15).

En ces temps troublés – alors que notre monde est toujours aux prises avec un fléau mortel qui semble s’éterniser – nous nous tournons vers des âmes fortes et bien arrosées pour nous guider. Leur foi, leur productivité, leur enracinement dans les Écritures sont simplement les qualités de ceux qui, un jour, camperont sous l’arbre de vie (Ap 22.2).

Alors, pourquoi ne pas décider aujourd’hui même de vivre par la grâce, avec résilience, jusqu’au jour où nous vivrons sous cet arbre de guérison d’où coule l’eau du trône ? « C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. » (Ap 14.12)


[1] Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

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