Sagesse

Réflexions spirituelles

Novembre 2020 | Jethro Camille, pasteur et directeur Hope Channel France

Moi, la sagesse, j’ai pour demeure le discernement, Et je possède la science de la réflexion. La crainte de l’Éternel, c’est la haine du mal ; L’arrogance et l’orgueil, la voie du mal, Et la bouche perverse, voilà ce que je hais. Le conseil et le succès m’appartiennent ; Je suis l’intelligence, la force est à moi. Par moi les rois règnent, Et les princes ordonnent ce qui est juste ; Par moi gouvernent les chefs, Les grands, tous les juges de la terre. J’aime ceux qui m’aiment, Et ceux qui me cherchent me trouvent. Avec moi sont la richesse et la gloire, Les biens durables et la justice. Mon fruit est meilleur que l’or, que l’or pur, Et mon produit est préférable à l’argent. Je marche dans le chemin de la justice, Au milieu des sentiers de la droiture.

Et maintenant, mes fils, écoutez-moi, Et heureux ceux qui observent mes voies ! Écoutez l’instruction, pour devenir sages, Ne la rejetez pas. Heureux l’homme qui m’écoute, Qui veille chaque jour à mes portes, Et qui en garde les poteaux ! Car celui qui me trouve a trouvé la vie, Et il obtient la faveur de l’Éternel. Mais celui qui pèche contre moi nuit à son âme ; Tous ceux qui me haïssent aiment la mort. Proverbes 8.12-20 et 32-36

Parce qu’elle mesure, pondère, prend le temps de discerner la complexité et des besoins ; parce qu’elle n’essentialise rien ni personne, saisit le mouvement et l’esprit des choses, qu’elle sait dialoguer, surtout écouter ; parce qu’elle a dépassé le stade adolescent de l’affirmation adolescente d’un soi envers et contre tous, parce qu’elle sait aussi bien quand appliquer dans la lenteur et la profondeur une véritable puissance intellectuelle,  quand agir avec subtilité ou avec force, la sagesse est plus que jamais indispensable aux dirigeants de notre pays.

D’abord pour prendre une salutaire distance vis-à-vis de l’ambition politique qui mène trop facilement au poujadisme, à la démagogie, aux slogans et simplismes de toute sortes… En un mot à un « court-termisme » strictement incompatible avec la hauteur de vue requise pour guider le destin d’une nation.

Hauteur qui permet de voir loin dans le passé, discerner les motifs complexes de la réalité et se projeter dans un futur autre qu’immédiat.

Bien trop d’hommes et de femmes de pouvoir se comportent comme le décrit Edwy Plenel :

Les idéologues du choc des civilisations, qui essentialisent les identités, les cultures et les religions, n’ont que faire des incertitudes et des précautions d’une pensée complexe de cette crise multiforme, où les sursauts démocratiques côtoient des précipices sanglants. — (Edwy Plenel, Pour les musulmans, La Découverte, Paris, 2014, page 105)

Le drame est que leur stratégie fait à une partie de la population qui tend dès lors à se radicaliser.

Dans le contexte actuel de l’avancée d’un Islam radical et intolérant d’un côté et d’une normalisation des thématiques d’extrême-droite de l’autre, l’attitude du jeune Salomon, suppliant pour obtenir la sagesse est éminemment désirable :

Maintenant, Éternel mon Dieu, tu as fait régner ton serviteur à la place de David, mon père ; et moi je ne suis qu’un jeune homme, je n’ai point d’expérience. Ton serviteur est au milieu du peuple que tu as choisi, peuple immense, qui ne peut être ni compté ni nombré, à cause de sa multitude. Accorde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal ! Car qui pourrait juger ton peuple, ce peuple si nombreux ? Cette demande de Salomon plut au Seigneur. 1 Rois 3 :7-10

Le monde est devenu bien plus complexe qu’à l’époque de Salomon. Le besoin de sagesse ne devrait-il pas croître en proportion ?

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