Parmi les grands du monde

Méditations spirituelles 22/11/2021

Il étant mince, pas très grand, toujours bien habillé, bien coiffé, bien rasé et surtout, très rationnel dans sa vie. Il était un bon prédicateur et un excellent gestionnaire. Je l’admirais beaucoup. Il s’appelait Therlo Harper. Il fut le recteur de l’Université adventiste de Montemorelos durant les quatre ans où j’y ai étudié. De temps à autre, il donnait des cours de Philosophie et d’Éducation chrétienne. Être son élève était un privilège… et j’en fus un.

Le pasteur Harper avait voué sa vie à l’éducation adventiste. Il enseignait cette matière avec l’autorité que lui conféraient ses profondes connaissances théoriques, ainsi que sa longue et remarquable expérience en tant que professeur et recteur.

Le cours avait lieu le matin et, de temps en temps, à l’extérieur, ce qui, je crois, était fait à dessein. Le manuel dont il se servait était le livre Éducation d’Ellen G. White. Il y puisait tout son enseignement dans l’explication et l’application de 25 passages sélectionnés par ses soins. Il les appelait les « joyaux ». Évidemment, pour réussir l’examen, c’était à la perfection qu’il fallait connaître, entre autre, ces joyaux !

Profitant du fait qu’en 2014, le livre de l’année sera Éducation, je vous invite à méditer sur un de ces joyaux qui ont eu un impact indélébile en moi.

« Il est de par le monde beaucoup de ces travailleurs qui, patiemment penchés sur leurs tâches quotidiennes, ignorent les forces dissimulées en eux, et qui, réveillées, les placeraient au rang des plus grands chefs. » — Éducation, chap. 9, p. 96. Deux expressions de ce paragraphe attirent particulière-

ment mon attention : « forces dissimulées » et « réveillées ». D’après Ellen G. White, il y a en nous, les êtres humains, des « forces dissimulées » dont nous n’avons pas conscience. « Réveillées », ces forces pourraient nous placer non pas parmi les grands chefs de l’Église – ce qui serait déjà beaucoup – mais parmi les grands dirigeants du monde. Oui, vous, mon ami qui lisez ces lignes et moi, qui les écris, avons des « forces dissimulées » pouvant nous placer parmi les grands de notre Église, voire du monde !

En vous ? En moi dorment des forces dissimulées susceptibles de nous placer au rang des grands du monde ? Eh bien oui. C’est ce que dit le « joyau » du livre d’Ellen G. White que le pasteur Harper m’a fait apprendre par cœur.

Une question : Que se passerait-il dans votre vie si vous croyiez et acceptiez qu’en vous, des forces dissimulées peuvent vous propulser au rang des grands de ce monde ?

Eh bien je suppose qu’aussitôt, vous vous mettriez à vous examiner pour les découvrir, n’est-ce pas ?

Et après les avoir trouvées, que faire ?

Il faut appliquer le second point : les réveiller, c’est-à-dire, vous résoudre à les travailler, les cultiver, les développer et les perfectionner.

C’est là la raison principale de notre petitesse, de notre médiocrité, de nos vies insignifiantes et banales. Nous ne réveillons pas les « forces dissimulées » qui dorment en nous.

Et savez-vous pourquoi nous ne les réveillons pas ? Parce que nous ne les avons pas trouvées !

Et savez-vous pourquoi nous ne les avons pas trouvées ? Parce que nous ne les avons pas cherchées !

Et savez-vous pourquoi nous ne les avons pas cherchées ? Parce que nous ne croyons pas les détenir en nous et que « réveillées », pourtant, nous placeraient au rang des grands dirigeants de l’Église et du monde !

Et savez-vous pourquoi nous ne croyons pas avoir ces forces ?

Parce que quelqu’un, animé de bonnes intentions, mais détenant des informations erronées, nous a enseigné que rêver d’être grand, d’aspirer à être important est mal, que c’est un péché. D’une certaine façon, on nous a inculqués que le Christianisme est synonyme d’insignifiance, de médiocrité, d’indolence, de pauvreté et voire, dans certains cas, de négligence et d’impureté.

Maintenant, le péché n’est pas de croire que nous avons des « forces dissimulées », de les découvrir et de les développer pour atteindre la grandeur, car le péché réside dans les méthodes que nous employons pour atteindre cette grandeur et dans l’usage que nous faisons de la grandeur à laquelle nous aspirons.

Je crois que l’un des passages les moins bien compris et appliqués du Nouveau Testament se trouve dans Matthieu 20.25-27 : « Jésus les appela et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. Il n’en sera pas de même parmi nous. Mais quiconque veut être grand parmi vous sera votre serviteur ».

Notez que notre Sauveur n’interdit pas la grandeur, ne s’oppose pas à ce que nous parvenions à être le premier. Non, non ! En aucune façon ! Jésus indique ici que le moyen pour atteindre la grandeur est le service et que l’usage de la grandeur doit être le service.

Je crois que personne n’a mieux exprimé ce concept que le prétendu « fou » dont parlait Marcos Rafael Blanco Belmonte, dans son poème Sembrando [En semant] :

Il faut lutter pour tous ceux qui ne luttent pas !

Il faut demander pour tous ceux qui n’implorent pas !

Il faut réussir à nous faire entendre de ceux qui n’écoutent pas !

Il faut pleurer pour tous ceux qui ne pleurent pas !

Il faut être ces abeilles qui, dans la ruche, Fabriquent de doux rayons pour tous.

Il faut être comme l’eau qui coule tranquillement Offrant au monde entier de frais torrents.

Il faut imiter le vent, qui sème les fleurs

Dans la montagne comme dans la plaine,

Et il faut vivre en semant l’amour,

En ayant la vue et l’âme élevées.*


Par Pablo Perla, est le président de la Maison d’édition interaméricaine. Publié dans la revue L’ancien, 3 trimestre 2013, page 30 – 31.

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