Papa et maman, embrassez-moi !

Méditations spirituelles 01/09/2021

Par Cesia Alvarado Zemleduch | Revue Connectées, 1er trimestre 2020

Il n’y a rien de plus réconfortant qu’un câlin. Quand nous pleurons, un câlin nous réconforte ; quand nous fêtons notre anniversaire, un câlin nous procure de la joie ; lorsque nous gagnons un trophée et ceux qui nous apprécient nous félicitent en nous embrassant, nous expérimentons un bien-être total. Un câlin signifie énergie, réconfort, paix, amour, tranquillité … et la liste des émotions positives peut continuer !

Cela étant, si l’embrassade est si importante pour les adultes, pouvez- vous imaginer l’effet d’un câlin sur un enfant ? Le câlin est certainement une technique merveilleuse et purement émotionnelle, utile aussi pour calmer les enfants qui sont tristes, confus ou en colère. Les embrassades sont indispensables pour la santé mentale et émotionnelle. La science a pu démontrer son énorme pouvoir sur le cerveau. Le câlin est capable de libérer des hormones qui produisent du bien-être.

Au Mexique, le synonyme du câlin est : « apapacho », qui désigne une action similaire au câlin, mais avec une connotation d’affection plus intense ou une action de tendresse. Il dérive du terme « papatzoa », de la langue náhuatl, ce qui signifie « adoucir quelque chose avec les doigts », même si le sens qui lui était initialement donné était « embrasser avec l’âme ». L’idée d’embrasser, c’est donc « étreindre, ceindre avec émotion ».

En tant que père et mère, ce que vous devez rechercher, c’est « d’embrasser l’âme de votre enfant », lui exprimer combien vous l’aimez, sans prononcer un mot, juste en faisant cet acte spontané. En agissant ainsi, vous créerez en lui le sentiment d’être aimé, accepté et calme. Virginia Satir, psychothérapeute américaine, a déclaré : « Nous avons besoin de quatre câlins par jour pour survivre. Nous en avons besoin de huit pour fonctionner. Et de douze pour croître ! ». Donc, un enfant qui grandit tous les jours a besoin de douze câlins ! Cela apportera des bénéfices non seulement affectifs mais aussi physiques.

Le premier contact du câlin, c’est la peau. Les récepteurs du derme, connus sous le nom de corpuscules de Pacini, s’activent automatiquement. La pression sur ces récepteurs stimule le nerf vague, connecté au cerveau et chargé entre autres, de la régulation de la pression artérielle. Autrement dit, la pression douce d’un câlin parvient à réguler la pression artérielle et à calmer une personne nerveuse ou qui souffre du stress. Dans une crise de colère, frustration ou douleur chez un enfant, un câlin aide mieux qu’un coup ou une phrase qui endommage son estime de soi et sans oublier l’effet sur les nerfs. Il pourrait également contribuer à ce que l’enfant se sente plus en sécurité en voyant qu’il est entouré par les bras de son père ou de sa mère, et il sentira l’amour et l’affection émanant de ses parents vers lui, s’imprégnant ainsi d’un sentiment de protection et de chaleur.

À cela il faut ajouter que les câlins libèrent un neurotransmetteur appelé dopamine qui soulage le stress. La dopamine est également connue sous le nom d’ « hormone du plaisir ». Elle est aussi liée à la créativité et la capacité d’interagir ou de socialiser avec les autres. Et à propos des effets physiques, nous pouvons mentionner que l’une des hormones qui entrent en jeu au moyen des câlins est l’ocytocine. L’ocytocine est connue comme « l’hormone de l’amour ». Elle est responsable de générer la confiance chez une personne. Douze câlins par jour à nos enfants rendent ces derniers pleins d’amour et secrètent l’ocytocine.

Le cortisol est une autre « substance » corporelle mais nuisible qui est liée aux niveaux de stress. Évidemment, personne ne veut avoir des niveaux élevés de cortisol. Une étude menée par la Advanced Telecommunications Research Institute International de Kyoto a réussi à prouver que les câlins réduisent immédiatement les taux de cortisol dans le sang. Je me souviens que quand je donnais des cours au préscolaire et avais des niveaux élevés de stress, les élèves venaient m’embrasser et me disaient : « Je t’aime, maîtresse ». Quand ces deux petits bras traversaient mon dos, je me sentais détendue. Un câlin bienfaisant. Ne laissons pas les tâches quotidiennes, le stress, la dette, la circulation, les lacunes ou tout ce qui est susceptible de nous mettre dans une mauvaise humeur, nous empêcher de faire douze câlins par jour à nos enfants.

D’autre part, une chose très importante, c’est de leur parler des bons et des mauvais câlins. Notre fils doit apprendre la différence entre une caresse saine et celle qui est abusive ou malicieuse. Cela permettra également de le protéger contre les dangers de l’avenir. On doit lui transmettre l’idée qu’une étreinte aimante et respectueuse vous fait vous sentir heureux, et lorsque le contact produit une mauvaise sensation, cela n’est pas bon et devrait être repoussé. Pour abonder dans ce sens, ne forcez pas votre enfant à embrasser les gens qu’il ne connait pas, respectez son espace et ses sentiments. Si ce sont des parents qu’il voit rarement, donnez-lui du temps. N’obligez pas votre enfant à faire des choses auxquelles il résiste, laissez-le exprimer ses émotions et ses besoins, et avec tendresse, cherchez à comprendre quelle est la cause de sa résistance. N’oubliez pas que ce sont des êtres humains ayant des besoins et leurs propres sentiments.

À travers les câlins, nous démontrons un sentiment de confiance, de proximité, nous renforçons l’attachement et le lien émotionnel entre les parents et les enfants. Cela favorise l’estime de soi et la perception qu’ils ont d’eux-mêmes et comment les autres les voient, ce qui crée une auto-conception positive.

Quand nos deux enfants adolescents étaient jeunes, nous avions l’habitude de fredonner une chanson de câlins lorsque nous nous embrassions. Maintenant qu’ils sont des adolescents, nous continuons de la chanter, même si maintenant, parents et enfants, nous sommes tous grands de taille. Les embrassades constantes, et surtout, les câlins sincères, unissent la famille, en forgeant un sentiment de communauté et du bonheur d’appartenir au noyau familial. Nous nouons ces liens, sachant que quand ils seront loin de nous, ils s’en souviendront. N’oublions pas que la communication non verbale peut être beaucoup plus puissante que la verbale dans le lien affectif entre les parents et les enfants. On peut dire encore : « Un câlin parle plus de Jésus qu’une heure de culte ». Aujourd’hui, embrassons nos jeunes enfants, nos enfants âgés et adultes, comme Jésus nous le fait tous les jours.

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