Le comportement éthique dans un monde difficile

Méditations spirituelles 12/04/2020

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour. / Adventist World Mars 2020

Qu’est-ce que le comportement éthique ? Les réponses varient selon ceux qui répondent, l’endroit d’où ils viennent, et qui ou ce qui détermine leur moralité. Le comportement éthique, après tout, se base sur la moralité d’un individu.

La culture influence fortement ce qui est considéré comme étant conforme à l’éthique dans une société donnée. Voici la définition qu’en donne une firme d’experts-conseils : « Le comportement éthique, c’est agir de façons cohérentes avec ce que la société, les individus, et les entreprises acceptent généralement comme étant de bonnes valeurs (1). »

En ceci et en de nombreux modèles séculiers, « la société, les individus, et les entreprises » déterminent ce qu’est le comportement éthique. Par conséquent, en fonction des normes culturelles, ce qui est déterminé comme étant conforme à l’éthique dans une société peut ou ne peut être considéré comme tel dans une autre. Ces standards éthiques peuvent changer selon la culture.

Alors que certaines cultures et entités séculières donnent leur aval aux principes bibliques tels que la règle d’or – on traite les autres comme on voudrait être traité – la plupart d’entre elles ne reconnaissent pas l’autorité d’une loi morale immuable plus élevée donnée par Dieu pour déterminer le comportement éthique universel.

UNE CULTURE QUI L’EMPORTE

Les adventistes, cependant, reconnaissent que la loi morale de Dieu – les dix commandements – est intemporelle et l’emporte sur toutes les cultures. Ce code de conduite divinement donné détermine notre comportement éthique. Dans plus de 200 pays et de nombreuses cultures, le mouvement du reste des derniers jours cherche à fonctionner selon la loi morale divine, laquelle souligne le comportement éthique envers Dieu et nos semblables.

Ce code moral éternel, faisant autorité, du comportement éthique est résumé dans des textes bibliques tels que « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même » (Lc 10.27), et « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. » (Mi 6.8)

Plutôt que de remplacer les dix commandements, ces résumés fournissent un moyen d’exprimer l’objectif principal de la loi morale sur laquelle nous basons notre éthique et notre comportement, quelle que soit l’époque ou la culture.

UN EXEMPLE PARFAIT

Jésus-Christ est l’exemple parfait du comportement éthique. Dans le célèbre sermon sur la montagne, il souligne la morale et le comportement.

Commençant par les béatitudes, il identifie ces valeurs morales célestes – la douceur, un désir ardent de justice, la miséricorde, la pureté du cœur, la pacification – et offre consolation et espoir aux « pauvres en esprit » et aux persécutés.

Christ continue avec des exemples spécifiques du comportement moral chrétien et des attentes en matière d’éthique – être une lumière, garder les commandements, avoir des mobiles purs, être fidèle à son conjoint, faire le second mille, et aimer ses ennemis. Dans tout cela s’insère un modèle de prière, un encouragement à placer ses trésors au ciel plutôt que sur la terre, une assurance exhortant à ne pas s’inquiéter, et un avertissement de ne pas juger les autres. Jésus termine par la parabole de l’homme sage qui a bâti sa maison sur le roc plutôt que sur le sable.

Ce sermon, donné sur une colline verdoyante il y a 2 000 ans, a été reconnu pendant des siècles comme étant le discours le plus puissant jamais donné sur le comportement éthique. Cependant, certains affirment que ses préceptes sont impossibles à suivre, particulièrement ce commandement du Christ : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Mat 5.48)

LA VRAIE MORALITÉ

Jésus nous fait-il une requête impossible, vouée d’emblée à l’échec ? Ellen White a écrit : « Dieu nous transforme, devant le monde, en témoins vivants de ce qu’hommes et femmes peuvent devenir par la grâce de Christ. Il nous enjoint de viser la perfection du caractère. […] Christ nous donnerait-il un espoir vain en exigeant de nous une impossibilité ? Jamais, jamais !

Il nous fait un grand honneur en nous exhortant à être saints dans notre sphère comme le Père céleste l’est dans la sienne. Et il peut nous donner la puissance d’y parvenir, car il déclare : “Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre.” Il est de notre privilège de nous réclamer de cette puissance illimitée (2). »

Elle explique comment ceci s’effectue : « Ceux qui souhaitent que leur esprit et leur caractère soient transformés ne doivent pas regarder aux humains, mais à l’Exemple divin. “Ayez en vous la pensée même qui fut en Christ Jésus.” [Ph 2.5 (Osty)]. Par la conversion et la transformation, les hommes doivent recevoir l’esprit du Christ (3). »

Soumettons-nous donc quotidiennement à la direction du Saint-Esprit et à la puissance de Christ dans notre vie. Ce n’est que par la grâce de Jésus que nous sommes sauvés, que notre soumission s’accroît, et qu’ainsi, nous devenons toujours plus semblables à lui. Comme l’a écrit Paul : « Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, […] car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. » (Ph 2.12,13) Demeurez en Christ et croissez en Christ. Il veut que nous devenions semblables à lui par sa puissance.

Cette éthique transcende le temps et la culture parce que donnée par Dieu et universelle dans son application. Elle est étroitement liée à l’Évangile.

Ellen White observe : « C’est à cause [du péché] que l’organisme humain est détraqué, l’esprit perverti, l’imagination corrompue. Il dégrade les facultés de l’âme. Les tentations de l’extérieur trouvent le chemin de nos cœurs, et nos pas se tournent imperceptiblement vers le mal . » (4)

LA MORALE ÉVANGÉLIQUE

Mais louons Dieu de ce que nous ne sommes pas laissés dans cet état misérable ! « Autant le sacrifice accompli en notre faveur a été complet, autant aussi doit l’être notre affranchissement des souillures du péché, a écrit Ellen White. La loi divine n’excuse aucune méchanceté, elle condamne toute injustice. La morale évangélique a pour seul idéal la perfection du caractère divin. […] Christ […] nous a donné un exemple d’obéissance et d’abnégation. Lui seul peut renouveler le cœur (5). »

Et il a promis de le faire ! Lorsque nous sommes convertis et que nous soumettons notre volonté à la sienne, Christ accomplit cette transformation étonnante en nous : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. » (Ez 36.26,27)

C’est là la clé pour recevoir l’esprit du Christ, pour devenir le peuple intègre et moral qu’il nous appelle à être en tant qu’individus, et en tant qu’Église.

« La gloire de Dieu, c’est son caractère. […] Ce caractère fut révélé dans la vie de Christ. […] Christ désire que ses disciples révèlent dans leur vie ce même caractère. […] Aujourd’hui, il se propose encore de sanctifier et de purifier son Église “après l’avoir purifiée par le baptême d’eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible”. Christ ne peut demander à son Père un don plus grand que celui de donner à ceux qui croient en lui le caractère qu’il a révélé (6). »


(1) Nick Price, « Ethical Behavior for Board Members Is Culturally Driven », BoardEffect.com, 9 août 2017, www.boardeffect.com/blog/ ethical-behavior-board-members-culturally-driven/.
(2) Ellen G. White, « Let This Mind Be in You », Signs of the Times, 3 septembre 1902.
(3) Idem., Pour un bon équilibre mental et spirituel, vol. 2, p. 443.
(4) Idem., Le ministère de la guérison, p. 388.
(5) Ibid.
(6) Idem., « Let This Mind Be in You ».