La Bible, un livre inspiré et qui inspire !

Méditations spirituelles 31/05/2021

Par J. Vladimir Polanco | Revue l’Ancien 4ᵉ trimestre 2012

SAVIEZ-VOUS qu’il y a des endroits où les chrétiens doivent demander une permission pour lire la Bible ? Selon un rapport publié par la revue Christianity Today, dans l’État de Kachin, en Birmanie, quinze jours avant ” d’effectuer des études bibliques, de lire la Bible […], de jeûner et de prier “, on exige aux chrétiens d’en soumettre la demande [1].

Mais pire encore, en Corée du Nord, par exemple, posséder une Bible est un motif suffisant pour être incarcéré ou envoyé en camp de concentration. Il y a quelques années, le gouvernement malaisien a décidé d’apposer le sceau officiel du Ministère de l’Intérieur sur plus de 30 000 Bibles que la Société Biblique avait traduites en malaisien. Le sceau portait l’inscription suivante : ” Pour l’usage exclusif des chrétiens “. Cette mesure visant à éviter que les non-croyants lisent la Bible.

Il semblerait que dans les endroits où l’on jouit d’une véritable liberté religieuse, on démontre moins d’intérêt à étudier les Écritures. Philippe Yancey raconte que le présentateur de télévision Jay Leno a lancé à son public le défi de citer quelques-uns des commandements de la Bible. Un des spectateurs a répondu : ” Dieu dit : ” Aide-toi et je t’aiderai”. ” [2]. Le même auteur signale que 24 % des Américains affirment croire à la validité des Dix commandements, mais que ” très peu sont capables d’en citer au moins quatre. Les résultats de certaines études ont démontré que la moitié des Américains ignorent que la Genèse est le premier livre de la Bible et 14 % identifient Jeanne d’Arc comme étant l’épouse de Noé ” [3].

Il semblerait que nous ne nous rendions pas compte qu’en ne faisant pas de l’étude de la Parole une priorité, nous perdons l’occasion d’obtenir une audience avec le Dieu de l’infini. La Bible est la voix de Dieu. Pour- quoi ce livre est-il si spécial ?

L’inspiration des Écritures

Le contenu des Écritures est, en réalité, un message que nous avons reçu directement de Dieu. Nous, les chrétiens, croyons que ce qui a été dit par les prophètes est un mes- sage explicite provenant de Dieu (Ésaïe 7.14, cf. Matthieu 1.22). Dans Actes 1.16, quand Pierre cite les Psaumes 69.25 et 109.8, il dit que ” le Saint Esprit ” a parlé par ” la bouche de David “. Le psalmiste a écrit ce que l’Esprit a mis dans sa bouche. Jésus a résisté aux tentations de Satan en citant ” toute parole qui sort de la bouche de Dieu ” (Matthieu 4.4). Et, toutes les paroles citées par le Maître provenaient de Deutéronome et du Psaume 91 (Deutéronome 8.2-4 ; 6.16 ; Psaume 91.11,12). La Bible présente ce que Dieu a dit.

Or, inspiré ne veut pas dire que l’auteur biblique ait été doté d’une imagination créative semblable à celle qu’on pensait qu’attribuaient les muses de la Mythologie grecque. Il convient de préciser que l’expression grecque que la plu- part des versions bibliques traduisent comme ” inspirée ” comprend un concept bien plus large qu’un simple moment d’illumination ou d’extase des aurores furtives. Du reste, la traduction de ” inspirée ” ne provient pas d’un vocable grec, mais d’une traduction de Jérôme de la Vulgate latine : inspirata.

Le texte grec utilise un terme qui apparaît seulement dans 2 Timothée 3.16 : theopneutos. Avant de comprendre le sens du terme theopneutos, il faut savoir que dans l’antiquité, il était courant de se servir de mots, que ce soit des adjectifs, ou des noms propres, associés au nom de Dieu [4]. Par exemple, dans la Bible, on mentionne Théophile, qui veut dire ” ami de Dieu ” (Luc 1.3). Dans 1 Thessaloniciens 1.9, Paul parle de theodidaktoi qui signifie ” ceux qui apprennent de Dieu “. Dans Romains 1.30, il parle également de theostugeis qui sont ” ceux qui haïssent Dieu “. De la même manière, le terme theopneutos, utilisé dans 2 Timothée 3.16, est composé de theo (Dieu) et de pneutos (exhaler). Paul affirme littéralement que le contenu des Écritures est le résultat direct du souffle divin. Le Seigneur ” exhala ” les Écritures. Son souffle est ” l’origine de sa Parole [5]. L’inspiration biblique n’est pas un état de transe rempli d’événements, mais un processus par lequel Dieu souffle, donne et transmet sa Parole aux êtres humains.

De la même manière que le monde a été créé par le souffle de sa bouche (Psaume 33.6), que l’être humain est devenu un être vivant par le souffle divin (Genèse 2.7), la Parole de Dieu a existé par la puissance créatrice de notre Seigneur. C’est pourquoi le message biblique contient une puissance que l’univers n’a jamais expérimentée : ” une puissance de Dieu pour le salut ” (Romains 1.16). Jésus a reconnu qu’ignorer les Écritures équivalait à ne pas connaître la puissance de Dieu (Matthieu 22.29).

Nous ne pouvons passer outre la déclaration de Paul : ” Toute Écriture est inspirée de Dieu “. Il ne s’agit pas d’une partie de la Parole de Dieu, mais de ” toute ” 6. Fernando Canale affirme que ” Toutes les Écritures ont  été révélées et inspirées. Ainsi, le modèle biblique RI (révélation et inspiration) est complet car il comprend la totalité des Écritures ” 7. Et ce ” tout ” inclut aussi bien l’Ancien Testament que le Nouveau Testament.

Dans le Nouveau Testament, les termes ” l’Écriture ” ou ” les Écritures ” apparaissent plus d’une cinquantaine de fois. Dans tous les cas, ces expressions font allusion aux textes sacrés et non seulement à l’Ancien Testament, comme certains érudits de la Bible semblent l’affirmer. Les paroles de Jésus et les écrits des apôtres étaient considérés comme ” Écriture ” par l’église primitive. Dans 1 Timothée 5.18, Paul cite comme ” Écriture ” aussi bien ce qui fut dit par Moïse que par Jésus. Voici le passage : ” Car l’Écriture dit : ” Tu n’emmusèleras point le bœuf quand il foule le grain. ” ” Et l’ouvrier mérite son salaire “.” Ces déclarations proviennent de Deutéronome 25.4 et de Luc 10.7. Pierre aussi considérait les écrits de Paul comme étant ” Les Écritures ” : ” Considérez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres où il parle de ces sujets, et où se trouvent des passages difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme elles le font du reste des écritures, pour leur propre perdition. ” (2 Pierre 3.15-16)

Sachant que les écritures du Nouveau Testament ont été inspirées par Dieu, il est évident de trouver des phrases telles que ” La Parole de l’Éternel fut adressée à … ” (Genèse 15.1 ; 1 Samuel 15.10 ; 2 Chroniques 11.2 ; Ésaïe 38.4 ; Ézéchiel 1.3) ; ” La main de l’Éternel ” (Ézéchiel 3.22) ; ” écoutez la parole de l’Éternel ” (Ésaïe 1.10 ; Ézéchiel 6.3) ; ” Ainsi parle l’Éternel ” (Exode 5.1 ; Josué 24.2 ; Ésaïe 10.24 ; Ézéchiel 12.28). Les auteurs du Nouveau Testament étaient conscients que leurs messages provenaient de Dieu. Paul comprenait que ses enseignements provenaient de ce ” qu’enseigne le Saint Esprit ” (1 Corinthiens 2.13). Les apôtres se considéraient comme des ” témoins de Dieu ” (Actes 10.41). Les Thessaloniciens ont reçu le message ” non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit ” (1 Thessaloniciens 2.13). L’épître de Jacques n’était pas seulement un message de l’auteur, mais aussi ” du Seigneur Jésus-Christ ” (Jacques 1.1). Jean témoigne que son message présentait ce qu’il avait vu et entendu ” en elle [la Parole] était la vie ” (Jean 1.1-3). Les écrivains bibliques étaient conscients que ” Toute écriture est inspirée de Dieu “.

Les premiers écrivains chrétiens de la période post-apostolique affirment la position biblique sur l’inspiration de toutes les Écritures. L’épître de Barnabé (Ie siècle) parle des écritures comme ” des proclamations de l’Esprit “. Clément de Rome appelle les écritures ” les véritables manifestations de l’Esprit Saint “. Justin le Martyr (IIe siècle) a affirmé que : ” Nous croyons que la voix de Dieu parlait par les apôtres “. Jusqu’à Théodore de Mopsueste qui croyait que l’inspiration des prophètes était différente de celle de Salomon. Il soutenait que tous les auteurs bibliques ” avaient écrit sous l’influence du même Esprit “. 8

Malheureusement, nombreux sont ceux qui, tout au long de l’histoire, ont prétendu établir ce qui était inspiré et ce qui ne l’était pas dans la Parole de Dieu. Leur folie était telle que lorsqu’ils trouvaient un passage qui contredisait leurs positions doctrinales, ils se limitaient à avancer que ” Ce texte ne fait pas partie des originaux, mais l’église l’a ajouté pour altérer la vérité. C’est pourquoi son contenu n’est pas fiable “. À ce genre d’arguments Paul répond : ” Toute Écriture est inspirée de Dieu. ”

Un livre qui inspire

La Bible n’est pas seulement un livre inspiré, mais aussi un livre qui inspire. La Parole de Dieu est remplie d’instructions qui nous conduiront à mener une vie pleine de bénédictions pour nous et aussi pour ceux qui nous entourent. Ellen G. White déclare : ” La Bible se propose un but essentiellement pratique ” – Messages choisis, vol. 1, chap. 1, p. 23. Son contenu doit avoir un effet pratique dans notre vie quotidienne, aussi bien sur le plan spirituel que sur celui des idéaux qui nous aident à rendre ce monde meilleur.

Un des avantages pratiques de la lecture de la Bible est de cultiver. Quand l’auteur Christiane Zschirnt a dressé une liste des livres que tout le monde devrait lire, elle a commencé par la Bible en déclarant que : ” Les connaissances transmises par la Bible couvrent en grande partie de l’histoire du monde occidental “. 9 Gerhard von Rad, un des plus grands érudits du XXe siècle affirmait que toute personne qui connaissait bien les Écritures devait être considérée comme ” une personne cultivée, dans le sens le plus authentique du terme “. 10 Ce n’est pas un hasard que les œuvres littéraires les plus réputées de notre civilisation soient redevables aux Saintes Écritures. La Bible est omniprésente dans Don Quichotte de Cervantès, La Divine Comédie de Dante, Le paradis perdu de Milton, Un chant de Noël de Dickens, Les frères Karamazov de Dostoïevski, sans oublier de mentionner les poèmes d’Amado Nervo, de Gabriela Mistral ou de Rubén Darío. Il y a plusieurs années, la prestigieuse revue The New York Times a publié un article sur la Bible et lui a donné le titre ” Le livre des livres “. L’auteur analysa la dette de la littérature envers la Parole de Dieu 11.

La Bible a aussi inspiré les plus prestigieuses universités. L’Université de Harvard, par exemple, probablement la plus réputée au monde, a été créée par l’église congrégationelle en 1636, dans le but d’enseigner la théologie. Quand à l’Université Yale, sa principale vocation était de former des pasteurs. Enfi, l’Université de Paris a débuté comme centre d’études spécialisé dans les Saintes Écritures. Les grands centres d’éducation supérieure occidentaux établis jusqu’à la fin du XIXe siècle ont été gérés selon les paramétres de la Parole de Dieu.

La Bible a aussi joué un rôle essentiel dans l’établissement des hôpitaux, dans la considération de la dignité humaine, la science, l’abolition de l’esclavage, l’art, la musique, l’éducation de la femme, dans les idéaux de liberté pour tous et dans le respect des droits humains. Sans l’ombre d’un doute, la Bible est le livre qui a transformé et fondé les bases de notre civilisation 12. Ainsi, la Bible est un livre inspiré et aussi un livre qui inspire !

Conclusion

On a un jour demandé à G.K. Chesterton : ” Si vous étiez seul sur une île et qu’on ne vous autoriserait à n’avoir qu’un livre, lequel choisiriez-vous ? ” Le célèbre écrivain chrétien a répondu : ” Je choisirais Thomas’Guide to Practical Ship Building [Le guide pratique de Thomas pour construire des bateaux] “. 13 L’interviewer s’attendait à ce qu’il dise : ” La Bible “. Mais sa réponse était très logique. Quiconque a échoué sur une île déserte devrait chercher le moyen efficace de s’en sortir. John Ortberg a écrit : ” Nous ne voulons pas qu’on nous divertisse, ni nous renseigne. Nous voulons un livre qui nous enseigne comment être sauvés “14. Nous avons besoin d’un livre qui nous indique le chemin qui mène au salut, un livre qui nous aide à échapper de ce monde mauvais et pêcheur. Ce livre est la Parole de Dieu.

Quel privilège d’avoir ce livre ! Quelle bénédiction de pouvoir le lire sans avoir à demander la permission !


1. ” Christians Need Permission to Read the Bible ” [Les chrétiens ont besoin de la permission de lire la Bible], Christianity Today, janvier 2012, p. 10.

2. La Biblia que leyó Jesús [La Bible que Jésus a lu], Éditions Vida, Miami, Floride, 2003, p. 18

3. Idem.

4. S.M. Baugh, Zondervan Illustrated Bible Backgrounds commentary [Commen- taire illustré de l’arrière plan biblique de Zondervan], vol. 3, ” 2 Timothy “, Éditions Clinton E. Arnord, Grand Rapids, Michigan, 2002, p. 491.

5. Charles E. Brandford, Timothy & Titus [Timothée et Tite], Pacific Press, Boise, Idaho, 1994, p. 142.

6. Certains traducteurs ont traduit l’expression grecque pâsa par ” chaque “. Si on étudie méticuleusement ce terme dans tout le Nouveau Testament, il est cependant indéniable que la signification est ” toute “. Ver H. Wayne House, ” Biblical Inspiration in 2 Timothy 3:16 ” [Inspiration biblique dans 2 Timothée 3.16], Biblioteca Sacra, janvier-mars 1980, p. 54-56. Comentario bíblico adventista [Commentaire biblique adventiste], vol. 6, Buenos Aires, 1996, p. 355.

7. Fernando Canale, Entender las Escrituras. El enfoque adventista [Comprendre les Écritures. La vision adventiste], ” Revelación e inspiración ” [Révélation et inspiration], Maison d’édition interaméricaine, Doral, Floride, 2009, p. 86.

8. J.N.D. Kelly, Early Christians Doctrines [Les premières doctrines chrétiennes], Prince Press, Peabody, Massachusetts, 2007, p. 61.

9. Libros: Todo lo que hay que leer [Les livres : tout ce que vous devez lire], Éditions Santillana, Madrid, 2004, p. 27.

10. La acción de Dios en Israel [L’action de Dieu en Israël], Editorial Trota, Madrid, 1996, p. 14.

11. http://www.nytimes.com/2011/12/25/books/review/the-book-of-books- what-literature-owes-the-bible.html?pagewanted=all. (Consulté le 19 avril 2012)

12. Pour plus de détails sur ce passage, je vous recommande de lire Alvin J. Schmidt, Impacto demoledor : Cómo el cristiano ha transformado la civilización [Impact destructeur : comment le chrétien a transformé la civilisation], Éditions Vida, Miami, Floride, 2004 ; Vishal Mangalwadi, El líbro que dio forma al mundo : Cómo la Biblia creó el alma de la civilization occidental [Le livre qui donna forme au monde : comment la Bible créa l’âme de la civilisation occidentale], Groupe Nelson, Nashville, Tennessee, 2011 ; David L. Jeffrey et C. S. Evans, The Bible and the University, Scripture and Hermeneutics Series [Bible et Université, Écriture et herméneutique], vol. 8, Éditions Zondervan, Grand Rapids, Michigan, 2007.

13. John Ortberg, La vida que siempre has querido [La vie dont vous avez toujours révé], Éditions Vida, Miami, Floride, 2004, p. 202.

14. Idem

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