Grandir dans la grâce : la puissance transformatrice de l’École du sabbat

Méditations spirituelles 19/07/2021

Par Ted Hamilton | Revue Ministry, 3e trimestre 2014

Lorsque nous pensons à l’apôtre Pierre, nous pensons rarement à lui en tant que professeur. Cependant, dans les derniers mots de sa seconde épitre, Pierre donne succinc- tement aux enseignants de la Parole de Dieu certains des meilleurs conseils pra- tiques se trouvant dans les Écritures.

Pierre écrit : « Vous donc, bien-aimés, […] tenez-vous sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (2 Pierre 3.17, 18, NEG 1979).

L’objectif fondamental des classes de l’École du Sabbat est de répondre à l’avertissement de Pierre afin d’éviter les erreurs et d’aider nos semblables à grandir vers une maturité spirituelle. Notre privilège et notre responsabilité en tant que pasteurs, enseignants, et dirigeants, est de faciliter ce processus qui permet une interaction convaincante avec la Parole de Dieu. Mais comment pouvons-nous savoir si nous atteignons cet objectif ?

J’ai demandé à ceux qui assistent à mon étude biblique semaine après semaine de partager leur expérience et d’exprimer ce que l’étude de la Bible signifie pour eux. « Parlez-moi, ai-je demandé à ma classe d’étude Biblique, d’une expérience exceptionnelle que vous avez vécue à l’École du sabbat et qui vous a donné envie de revenir. Pouvez-vous identifier des aspects spécifiques ayant contribué à cette expérience particulière ? Exprimez trois souhaits que vous avez pour la classe de l’École du sabbat. »

Ils ont partagé leurs histoires avec moi. Chaque expérience ou histoire est authentique, bien que les noms aient été changés. Chacune est différente ; chaque expérience a son propre caractère et sa saveur unique. Mais dans l’ensemble, les réponses présentent une cohérence remarquable. Quatre éléments spécifiques font surface et se distinguent de manière évidente comme des facteurs faisant de l’étude biblique une expérience riche et significative. Dans les classes d’École du sabbat dynamiques qui grandissent on trouve, de manière substantielle, ces quatre éléments : instruction, inclusion, investissement et inspiration.

Instruction

« Un bon enseignement, explique Lawton, a élargi ma vision des temps dans lesquels Jésus vivait, du terrain, des coutumes, de la culture, et de la manière dont ces éléments jouent un rôle dans l’interprétation des paraboles du Christ. Cela m’a également aidé à comprendre Christ en tant qu’homme, tout en continuant de l’adorer en tant que Dieu1. » Dans la même veine, Margaret déclare : « Nous cherchons à comprendre ce qui se passait historique- ment, y compris dans le domaine des cultures et des styles de vie dans les villes auxquelles Paul a écrit. Cette démarche m’a aidé à comprendre les faits de manière plus claire. » Esther ajoute : « Au-delà des histoires bibliques de base, je n’ai aucune connaissance pro- fonde.[…] J’absorbe tout comme une éponge. […] C’est merveilleux de se sentir si chaleureusement accueilli pour écouter et apprendre. »

L’École du sabbat est une école. Son rôle est de fournir de l’information, partager des connaissances, donner un contexte, élargir l’expérience et approfondir la connaissance. L’École du sabbat enseigne l’histoire, la géographie, la culture et le contexte, les chronologies et les généalogies, les personnalités et la politique. Si nous voulons comprendre les Écritures, nous sommes contraints de transmettre le compte rendu historique, d’enseigner es faits, et de donner une version juste de l’histoire.

Mais l’objectif principal de l’École du sabbat n’est pas simplement d’acquérir de la connaissance. La Bible est la Parole de Dieu. Les Écritures transforment l’histoire en une révélation ; la géographie en un paysage éclairé par l’ouvrage et l’empreinte du Créateur ; la culture et le contexte en une scène sur laquelle se joue la grande controverse, au travers des vies de gens réels, avec leur foi et leur faiblesse. L’objectif de l’École du sabbat est d’enseigner l’histoire fondamentale de manière aussi claire, fiable et honnête que possible et, par la puissance du Saint-Esprit qui nous illumine, de présenter l’histoire qui révèle la souveraineté de Dieu, sa providence, sa puissance et sa grâce. La tâche confiée par le Saint-Esprit à l’enseignant des Écritures est d’amener les âmes vers une rencontre authentique avec la réalité spirituelle au travers d’une foi vivante et dynamique.

Cette double responsabilité, celle d’une instruction fiable et d’une révélation fidèle, demande une préparation assidue de la part du moniteur. Dans ce but, les éléments suivants me paraissent utiles :

  1. Priez, dès le commencement, pour que le Saint-Esprit vous guide.Tandis que vous vous préparez, priez Dieu de vous donner un esprit clair, une compréhension éclairée, une expression aisée, ainsi qu’une mesure de sensibilité et de grâce.
  2. Étudiez les Écritures. Lisez le passage donné jusqu’à ce qu’il vous soit familier. Lisez les versets précédents et suivants. Lisez les passages correspondants dans d’autres parties des Écritures. Le site www.lexilogos/bible.com est l’une des ressources donnant accès à plusieurs Bibles et concordances gratuites en ligne et en français.
  3. Consultez d’autres ressources bibliques : des commentaires bibliques, des dictionnaires, des at- las et des documents historiques.
  4. Organisez vos idées. Écrivez- les. Commencez par le texte biblique, établissez la structure et le contexte, identifiez le problème moral et/ou spirituel, poursuivez par une question substantielle portant à réflexion, soyez préparé à guider la discussion, et à conclure par une application spi- rituelle pratique conçue pour toucher les cœurs.
  5. Priez pour que le Saint-Esprit soit présent lors de la présentation, afin que la vérité sur Dieu soit prêchée, que Jésus soit élevé, et que l’amour et la grâce règnent au sein des participants.

Inclusion

« J’ai apprécié la convivialité, » a écrit Cynthia, une célibataire, « les invitations informelles, les repas en commun, et les activités pour apprendre à se connaître au début de la classe ; l’atmosphère est accueillante et amicale, et chaque personne se sent appréciée en tant qu’individu. Je n’envie plus les autres qui semblent avoir un cercle d’amis car maintenant, je me sens aussi comblée. » De même Jonathan déclare : « Le groupe de l’École du sabbat est très amical et accueillant, et nous nous sentons tous les bienvenus. » Lindsay ajoute : « Je n’avais pas l’impression d’être établie dans notre église, mais cela a changé lorsque j’ai commencé à participer à l’École du sabbat. »

L’élément social joue un rôle incontestable pour attirer les gens vers la classe d’étude biblique. À ses racines, le christianisme n’était pas un passetemps solitaire. Jésus a dit : « Suis-moi » au moins une douzaine de fois lorsqu’il formait ses disciples les plus proches. Au tout début, Dieu a fait de nous des créatures sociales, et il l’a reconnu en disant : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Genèse 2.18, NEG 1979). C’était donc son initiative créatrice qui a remédié à la condition solitaire de l’humanité.

L’École du sabbat est un lieu permet- tant de faire connaissance, d’apprécier les différences et de vivre la communauté. Lindsay écrit : « J’aime la diversité raciale, culturelle, spirituelle et politique de notre classe […]. Elle élargit grandement mes perspectives. » Les différences de points de vue et d’opinions donnent un équilibre sain à l’étude de la Bible. Lorsque nous pouvons confronter nos préjugés dans le contexte d’un débat animé mais courtois, nous pouvons alors arrondir nos angles idéologiques et développer un respect et une appréciation mutuels.

La participation est la « monnaie d’échange » de l’École du sabbat. La discussion, le dialogue et le débat stimulent de nouvelles idées et la croissance spirituelle. La connaissance peut être acquise passivement, en lisant ou en écoutant, mais la sagesse et la perspicacité demandent une interaction avec les autres. Il est nécessaire de faire connaissance, de respecter les autres et d’observer les limites établies. « Dans notre classe, dit Sheila, vous êtes accepté tel que vous êtes. Les participants peuvent parler librement et exprimer leurs opinions sans aucune crainte. Vous êtes accueillis et aimés. »

Lorsque nous nous assemblons dans la présence de Jésus et que nous venons pour connaître le Père par la puissance du Saint-Esprit, nous créons des amitiés les uns envers les autres. Juste avant de quitter la chambre haute pour se diriger vers le jardin de Gethsémané, Jésus a dit aux 11 disciples qui res- taient : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jean 15.15, NEG 1979).

Investissement

Si notre classe d’École du sabbat dis- paraissait, si nous fermions simplement les portes et que nous partions tous de notre côté, est-ce que cela dérangerait quelqu’un ? Quelle différence faisons- nous dans la vie de ceux qui nous en- tourent ? Investissons-nous notre temps, notre argent, nos talents et nos res- sources de manière à contribuer au bien des autres, de nos amis, de nos communautés, de notre monde ?

Mary Beth a fait l’expérience d’un tel investissement dans sa vie. Elle n’avait pas de travail et se trouvait en difficulté. Elle déclare : « La prière et le soutien de mon École du sabbat m’ont permis de garder la foi.» Au moment où ses moyens financiers se sont complètement épuisés, la classe a fait une col- lecte qui l’a profondément touchée. « Dieu utilise réellement des anges parmi nous, dit-elle. C’est une bénédiction de pouvoir faire partie d’un petit groupe dans une si grande église, et d’avoir ainsi un sentiment d’appartenance et une famille. »

Après une tragédie familiale douloureuse, Frank a déclaré : « Nous avons trouvé un groupe de personnes qui nous ont accueillis dans leur amitié et leur convivialité avec calme, compassion et amour, alors que nous étions dans notre processus de guérison. Nous n’avons plus jamais quitté cette classe. »

Un article paru récemment dans la Harvard Business Review présente une recherche concluant qu’« un soutien social solide produit un nombre étonnant de résultats positifs. » Cette étude a montré que « le soutien social est le facteur de bonheur le plus déterminant dans les périodes de stress élevé. » L’auteur continue en disant que les bénéfices d’un soutien social ne proviennent pas seulement du soutien reçu, mais que « pour un bonheur durable, le soutien social donné est encore plus important 2. »

« Notre classe est ouverte, dynamique et pratique, mais ce qui la distingue plus particulièrement est le casque de Harley. » Mike s’explique en ces mots : « Tout a commencé, un sabbat, lorsqu’une personne du groupe a suggéré que nous récoltions une offrande pour aider quelqu’un en difficulté. L’un des participants qui se rend à notre classe en Harley a fait passer son casque et c’est ainsi que l’idée du casque de Harley est née. C’est une expérience extraordinaire ! Au fil des ans, des vêtements ont été achetés, des médicaments ont été payés, des appareils ont été installés, et au moins une automobile a été procurée. C’est la meilleure expérience que j’ai vécue à l’École du sabbat. »

L’un des « trois souhaits » de Lindsay est que « chaque trimestre, notre classe puisse accomplir une mission précise au sein de notre ville.» Elle a accepté de diriger cette initiative et a présenté plusieurs idées, telles que la banque alimentaire Deuxième Récolte, l’Opéra- tion Enfant de Noël, et l’Armée du Salut.

Ainsi, l’École du Sabbat est un moyen efficace d’enseigner, d’apprendre, de fraterniser et de servir, à la fois au sein du groupe et dans la société. Mais l’École du sabbat est encore davan- tage : elle change les vies et c’est le meilleur.

Inspiration

En plus d’apprendre et de fraterniser, les trois souhaits de Connie pour l’École du sabbat incluent également la « crois- sance spirituelle personnelle.» Mary Beth reconnaît que «les membres de la classe sont bien disposés à s’impliquer et à suivre avec confiance ce que Dieu leur inspire de faire pour m’aider à changer ma vie et obtenir une foi renouvelée afin de compter entièrement sur Dieu. »

Le changement et la croissance ne se produisent pas du jour au lendemain. Le processus peut sembler extrêmement lent. Souvent, des douleurs de croissance s’installent tandis que de nouvelles révélations nous appellent à de nouveaux défis dans notre vie, et de nouveaux obstacles surgissent. L’apôtre Paul nous exhorte en ces mots : « Soyez toujours humbles, doux et patients. Supportez-vous les uns les autres avec amour » (Éphésiens 4.2, BFC). Notre responsabilité n’est pas de changer les autres, mais de nous aimer, de nous pardonner et de nous encourager mutuellement. Le Saint-Esprit est l’agent tout-puissant et entièrement fiable qui peut nous faire grandir et changer nos vies. L’École du sabbat nous donne l’occasion de partager des expériences montrant la providence, la miséricorde et l’amour de Dieu. Brenda a été particulièrement touchée par une monitrice qui était disposée à être ouverte et transparente. « Elle a raconté son histoire, dit Brenda. Elle était honnête, perspicace et vulnérable. Elle a pleuré en racontant son histoire et beau- coup d’entre nous ont fait de même. Mon espoir a été renouvelé en apprenant ses luttes et en voyant la main de Dieu à l’œuvre. J’ai apprécié de pouvoir voir dans son cœur et d’entendre comment la grâce de Dieu a triomphé. »

Parfois, ces moments remplis de grâce nous prennent par surprise. Pour Emily, cela s’est produit à la fin de la classe, alors qu’il ne restait que quelques participants. « Pour conclure, raconte Emily, nous nous sommes levés pour la prière. Nous nous sommes serrés côte à côte puis nous avons prié, chacun à notre tour. Nous étions tous très ouverts à Dieu dans nos pensées et lui avons exprimé notre souhait d’être les mains, les pieds, les yeux, le vaisseau pour amener d’autres personnes à lui. Pendant ces quelques instants, les liens et le sentiment de sécurité étaient très forts ! »

Conclusion

Dans la sécurité d’un groupe d’amis en qui nous avons confiance, nous vivons des expériences qui arriveraient fort peu probablement lorsque nous sommes assis tout seul sur un banc, engagé dans la conversation à sens-unique d’un sermon traditionnel. Lorsque nous apprenons, partageons, tra- vaillons et prions ensemble, des expériences relationnelles transformatrices se produisent. Cependant, ces expériences seraient bien moins probables dans d’autres circonstances. L’instruction est un exercice mental revigorant et éclairant ; les bras ouverts et accueillants sont l’inclusion; les mains douées pour le service sont l’investissement ; les vies changées à l’image de notre Créateur et les cœurs grandissant dans leur amour pour Dieu sont notre inspiration.

Nous apportons nos esprits, nos bras, nos mains, nos cœurs et nos êtres tout entiers au sanctuaire qu’est l’École du sabbat, semaine après semaine, afin de pouvoir croître ensemble « dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. À lui soit la gloire, maintenant et pour l’éternité ! Amen ! » (2 Pierre 3.18, NEG 1979).


1. Les noms utilisés ont été changés.

2. Shawn Achor, « Positive Intelligence, » Harvard Business Review,Janvier/Février 2012, p. 100–102.Traduction libre.

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