Dans un monde en colère, que pouvons-nous faire ?

Méditations spirituelles 06/10/2021

Anthony Kent | Adventist World, octobre 2021, p. 16-18

L’Évangile nous donne l’assurance dont nous avons besoin pour faire mieux.

Pour définir la colère ou la découvrir, nul besoin de Google ou d’un dictionnaire. Tous savent à quoi elle ressemble et quels sentiments elle entraîne. Devant la colère, on peut être dérangé, choqué, confronté – terrifié !

La colère remplit l’air de tension. L’expression « On pourrait couper l’air avec un couteau » décrit l’ambiance étrange d’une situation où la colère domine.

Les chiens sentent la colère humaine. En général, ils s’éloignent de la scène agitée, tête basse, en quête de sécurité. Les chats la sentent, eux aussi, et s’enfuient sans bruit pour éviter le proverbial « coup de pied ».

Mais il y en a qui sont pris au piège – pas des chiens, ni des chats, mais des êtres humains innocents. Coincés dans le royaume d’une personne en colère, ils ne peuvent s’échapper. J’éprouve de la compassion pour ces victimes. Leur misère m’attriste profondément. Qui, en effet, mérite de tomber dans le piège de ce genre de monde ?

J’ai aussi pitié de ceux que la colère fait souffrir – pas la colère des autres, mais la leur – une vraie tempête qui envahit leur poitrine, leur tête, et leurs mains avec rafales, tonnerre, et éclairs. Rien ne va plus ! Qu’il doit être misérable d’être dominé par une telle tempête, où les accalmies se font rares… Nous connaissons ces « fils du tonnerre », nous savons que leurs fusibles sautent facilement et que les explosions peuvent être, semble-t-il, atomiques.

La colère est loin d’être une nouvelle condition humaine. Elle apparaît dans la Bible dès Genèse 4.5 – Caïn offrant avec orgueil un sacrifice que Dieu rejette. De la Genèse à l’Apocalypse, la colère persiste. Dans ce dernier livre, on trouve ces mots mémorables : « Et le dragon fut irrité contre la femme, et il s’en alla faire la guerre aux restes de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus. » (Ap 12.17)

Des générations durant, les adventistes ont chanté : « Les nations sont en colère – nous savons par cela que Jésus revient* ! » Si certains ne sont pas convaincus du réchauffement climatique, en revanche, peu d’entre eux doutent que notre planète se réchauffe en termes de colère.

RESTER AU-DESSUS DE LA MÊLÉE

« Si seulement on pouvait garder
la tête froide, a écrit Rudyard Kipling, quand tous ceux qu’on connaît perdent la leur et en jettent la faute sur nous… » Et il avait raison !

Ce conseil semble partager quelques similitudes avec le proverbe suivant de Salomon : « Ne te hâte pas en ton esprit de t’irriter, car l’irritation repose dans le sein des insensés. » (Ec 7.9) Il y a aussi le conseil bien connu suivant : « Une réponse douce calme la fureur, mais une parole dure excite la colère. » (Pr 15.1) On dirait bien que l’une des meilleures choses à faire, c’est d’éviter de nous mettre en colère…

On a observé que les gens se mettent en colère lorsqu’ils éprouvent des difficultés, sont en détresse, ou en deuil. C’est précisément dans ces moments-là que le ministère d’aide doit s’exercer – lorsque les gens éprouvent des difficultés, sont en détresse, ou en deuil. Malheureusement, il arrive qu’on se tienne instinctivement à l’écart d’une personne en colère. Ne vous y trompez pas : les individus en colère peuvent être dangereux – la mort d’Abel aux mains d’un Caïn en colère témoigne toujours de ce danger.

Cependant, la réalité de l’Évangile transforme les êtres humains ! Elle change leur façon de réagir aux facteurs de stress. Lorsque nous avons l’ultime certitude « que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Rm 8.38-39), nos raisons d’être en colère se dissipent. Lorsque, par l’Évangile, notre horizon s’élargit jusque dans l’éternité, les tiraillements de l’immédiat ne sont plus aussi provocants.

Ceci dit, il existe une différence importante entre la colère et l’indignation. L’injustice, la méchanceté et la mauvaise conduite sont les causes de l’indignation. Cette indignation est le catalyseur d’une correction et d’une réforme appropriées. C’est la méchanceté et la mauvaise conduite des changeurs d’argent dans le temple qui ont incité Jésus à renverser leurs tables. Ce sont les injustices, la méchanceté et la mauvaise conduite au sein de l’Église éminente du Moyen-Âge qui ont incité les réformateurs à partager la Bible et ses vérités, afin que la population puisse voir la vraie beauté de Jésus et en faire l’expérience.

Chose tragique, l’injustice, la méchanceté et la mauvaise conduite n’ont pas pris fin au Moyen-Âge. Ces maux sont toujours vivants, innombrables, et à l’échelle mondiale ! Alors que nous aimerions corriger toutes les injustices sur notre planète vieillissante – ce que nous devrions bien – et que notre incapacité à le faire peut nous tourmenter, nous avons l’assurance absolue que Jésus, qui connaît chaque injustice dans les moindres détails, revient bientôt ! Il reviendra avec puissance – une puissance juste et sainte. À la fin, il ressuscitera et jugera tous les êtres humains, et exercera une justice pure à l’égard de tous.

C’est cette assurance immuable que notre monde en colère a besoin d’entendre de notre bouche.


* The Seventh-day Adventist Hymnal, n° 213 : « Jesus is Coming Again ».


Anthony Kent, titulaire d’un doctorat, est secrétaire adjoint de l’Association pastorale de la Conférence générale.

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