Christ, l’incomparable (Semaine de prière, mercredi)

Réflexions spirituelles

Novembre 2020 | ÁNGEL MANUEL RODRÍGUEZ | Adventist World, Semaine de prière 2020

Notre modèle du mode de vie chrétien

L’apôtre Jean, alors qu’il était avancé en âge, a écrit : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ (1). » (1 Jn 1.3) Et il a ajouté : « Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même. » (1 Jn 2.6) Ainsi, selon Jean, les chrétiens sont ceux qui demeurent en Christ ou sont unis à lui. La vie chrétienne consiste à marcher quotidiennement avec le Seigneur.

Pour demeurer en Jésus, les croyants sont appelés à vivre comme Christ a vécu. Pour Jean, le processus de demeurer en Christ consiste à communier avec le Père, le Fils, le Saint-Esprit, et avec les croyants. La vie chrétienne est fondée sur une réalité commune – la mort sacrificielle de Jésus. Mais le christianisme, lui, est démontré dans notre façon de vivre pour Dieu et pour les autres.

La vie de Jésus était caractérisée par une puissance trans- formatrice. Nous avons accès à cette puissance en écoutant ce qu’il a dit (« ce que nous avons entendu »), et en faisant ce qu’il a fait (« ce que nous avons vu ») – en d’autres termes, en nous modelant à la fois selon son discours et ses actes. Jésus est l’exemple ultime et suprême de la façon dont les chrétiens doivent vivre – à savoir, marcher comme il a marché.

JÉSUS CHERCHAIT À TRANSFORMER LES GENS

Jésus est venu ici-bas pour changer radicalement la vie de ceux qui l’entendaient et le voyaient. Il les a invités à devenir ses disciples. Or, le discipulat ne consiste pas simplement à mémoriser les enseignements du Seigneur, mais plutôt à laisser la puissance de ses enseignements générer en nous une vie nouvelle (voir Jn 3.1-8). Jésus – source cosmique de la puissance de Dieu – a fait des disciples en triomphant de l’œuvre du diable dans le cœur humain. Il a appelé les gens à le suivre.

Un jour, dans le cadre d’une recherche, un scientifique dut se rendre dans la jungle. Comme il n’y avait ni route ni sentier dans la jungle épaisse, il prit avec lui un guide du coin. Après avoir marché un certain temps, il dit à son guide : « Mais je ne vois aucun chemin ! Comment fais-tu pour savoir que nous allons dans la bonne direction ? »

« Je suis le chemin, répondit le guide. Tu n’as qu’à me suivre. »

Grâce à Dieu, nous suivons quelqu’un qui connaît le chemin ! En voyant l’humanité désorientée, perdue, Jésus a dit : « Je suis le chemin, suivez-moi ! » (voir Jn 14.6). Et alors que nous le suivons, il s’attend à ce que nous vivions comme il a vécu (1 Jn 2.6).

LES PAROLES DE JÉSUS

Il va sans dire que Jésus a établi le standard de la vie chrétienne. Sa Parole se faisait entendre dans les rues de la ville, dans le parvis du temple, au bord de la mer, au cours de ses voyages, révélant les valeurs et les principes du royaume de Dieu. Ainsi, à travers lui, la voix de Dieu se faisait de nouveau entendre sur la planète déchue, instruisant l’humanité et donnant une nouvelle signification à ce que le peuple d’Israël entendait dans l’Ancien Testament.

Par le sermon sur la montagne, Jésus a donné une description du mode de vie de ceux qui le suivent et qui désirent manifester au monde leur identité chrétienne.

Dans ce sermon, Jésus a condamné le meurtre, en particulier lorsqu’il résulte d’une parole de colère (Mt 5.21,22). Il a souligné l’importance de vivre en paix avec les autres (v. 23,24). Il a affirmé que l’adultère ne se produit pas seulement par l’acte lui-même, mais aussi dans l’esprit de ceux qui entretiennent des pensées lascives. Pour les contemporains de Jésus (v. 27-30), les défis que pose Internet aujourd’hui étaient inimaginables. Jésus a réaffirmé le mariage et a rappelé à ses auditeurs que le divorce a son propre lot de complications (v. 31,32).

Jésus a parlé de la justice ; il a montré combien la générosité est préférable aux représailles (v. 38-40) ; il a aussi montré en quoi l’amour – même pour nos ennemis – est l’une des caractéristiques de la spiritualité authentique et le reflet le plus clair du caractère de Dieu.

Jésus nous a exhortés à prendre soin des nécessiteux plutôt qu’à nourrir notre égoïsme (Mt 6.1-4). Il a rappelé à ses disciples que le vrai trésor est conservé dans le ciel (v. 19-24), et que la qualité de notre vie spirituelle ne consiste pas en biens matériels. Si nous cherchons le Seigneur et son royaume, nos besoins spirituels, émotionnels, et matériels les plus essentiels seront satisfaits (Mat 6.25-34).

À cette époque de dépression et d’anxiété, accrochons-nous à l’amour de Dieu pour nous et soyons assurés qu’il peut satisfaire nos besoins les plus profonds. Lorsque nous sommes tentés de juger les autres sur la base de leurs imperfections, Jésus nous demande de nous arrêter et de reconnaître que notre tâche première consiste à remédier à nos propres imperfections (Mt 7.1-5).

Les enseignements de Jésus sont conçus pour donner un sens à notre vie, pour la rendre agréable et efficace dans le service envers autrui. L’amour est au cœur même des valeurs du royaume de Dieu. L’amour pour lui n’est pas seulement un autre commandement, mais aussi ce qui cimente notre vie spirituelle. L’amour pour Dieu forme la base de notre conformité à la loi (voir 1 Co 13). L’amour les uns pour les autres s’exprime non seulement envers ceux que nous aimons, mais aussi envers nos ennemis.

Malheureusement, il nous est souvent difficile d’aimer nos semblables. Il semble que les églises mêmes deviennent parfois des lieux de conflit et de tension – ce qui nuit à l’unité et à l’identité christocentrique. L’apôtre Jean devait être conscient de cela, parce qu’il a écrit : « Car ce qui vous a été annoncé et ce que vous avez entendu dès le commencement, c’est que nous devons nous aimer les uns les autres » (1 Jn 3.11).

LES ACTIONS DE JÉSUS

Selon la Bible, le caractère et l’identité se manifestent par nos actes. L’identité de Jésus n’était ni cachée, ni inaccessible. Il s’est fait homme pour révéler son identité divine par ses actes.

Lorsque Jean-Baptiste se retrouva en prison, il envoya des messagers demander à Jésus s’il était vraiment le Messie. Jésus se révéla lui-même aux disciples de Jean-Baptiste non seulement par ce qu’ils entendaient de lui, mais particulièrement par ce qu’il faisait (Mt 11.1-6).

Ce sont les actions d’un individu qui révèlent son caractère. Jésus mangeait avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs, manifestant ainsi une compassion toute divine (Mt 9.11-13). Il vivait une vie de soumission totale à la volonté de son Père (Jn 5.19) et renforçait cette relation en communiant avec lui par la prière et par sa connaissance des Écritures. Il gardait le sabbat (Lc 4.16), aimait ses ennemis et priait pour eux (Mt 26.51-53 ; Lc 23.34). Il vainquit le mal lors de la tentation dans le désert (Mt 4.1-6), en délivrant ceux qui étaient dominés par des démons, et en guérissant les malades (Mc 1.32-34).

En voyant Jésus opérer des miracles, dont la guérison de deux hommes aveugles, les gens reconnurent qu’il plaçait sa puissance incomparable au service des autres (Jn 9.33). Chaque acte de Christ reflétait son identité, décrivant ainsi le mode de vie de ceux qui le suivraient et constitueraient son Église. Sa vie tout entière fut une manifestation de l’amour infini de Dieu pour ses créatures. Sa crucifixion sur la croix pour ôter notre péché est l’ultime démonstration de l’amour de Dieu pour l’humanité (Jn 3.14-16 ; 1 Jn 4.7-10).

JE SUIS UN CHRÉTIEN

Jésus est venu pour révéler qui il était par ses paroles et par ses actes. Mais c’est particulièrement par son comportement et sa conduite que les gens l’ont reconnu en tant que Fils de Dieu.

Un jour, alors que je visitais un pays dans lequel musulmans et chrétiens cohabitent, j’ai pris un taxi pour me rendre à une réunion. Au cours de la journée, j’ai demandé au chauffeur de me parler de sa vie religieuse. Il m’a répondu, dans un large sourire, « Je suis musulman ». Je lui ai parlé de quelques-uns de mes amis musulmans, et lui ai mentionné à quel point ils sont dévoués à Allah.

Il m’a posé à son tour des questions sur ma religion, et je lui ai répondu que j’étais un chrétien adventiste du septième jour. Il a ri de joie et a pratiquement crié : « Il y a beaucoup d’adventistes dans mon village, et ils sont de meilleurs musulmans que moi ! Ils se rendent à leur mosquée plusieurs fois par semaine et passent les samedis à rendre un culte à Dieu et à faire de bonnes œuvres. Ce sont des gens pieux qui prient plus de trois fois par jour. Et en plus, ils ne mangent pas de porc et ne boivent pas d’alcool ! »

Les gens nous connaissent d’abord par notre façon de vivre (par nos actes), puis par ce que nous enseignons. La religion de Jésus n’est pas simplement un ensemble d’affirmations intellectuelles ou un système de théologie, mais d’abord et avant tout une vérité vivante qui prend possession de la personne tout entière. C’est une vérité qui transforme, une vérité qui modifie radicalement notre façon de penser, de parler, et d’agir.

Ellen White a écrit : « Le Christ est notre modèle, l’exemple parfait et saint que nous devons suivre. Jamais nous ne l’égalerons, mais nous pouvons lui ressembler dans la mesure de nos possibilités (2). »

Ce type de religion, que nos semblables voient à travers nos actions, permet à ceux-ci d’entendre et de découvrir la vérité. Il consiste à marcher comme Christ a marché.


Questions pour la réflexion

  1. Pourquoi la Bible présente-t-elle Christ comme notre exemple ?
  2. Pourquoi devons-nous aligner notre vie sur celle de Jésus ? Pour être parfaits ? Pour être acceptés de Dieu ? Pour servir les autres ? Ou une combinaison des trois ?
  3. Selon vous, est-il approprié, dans certaines circonstances, de cacher notre identité adven- tiste ?

1 Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

2 Ellen G. White, Vous recevrez une puissance, p. 369.


Ángel Manuel Rodríguez a été directeur de l’Institut de recherche biblique de la Conférence générale de 2001 à 2011.

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