Paris, France - Installation de l’observatoire national de la laïcité

Mis à jour le 28.11.2006 à 18:24
Paris, France -  Installation de l?observatoire national de la laïcité
La Fédération protestante de France (FPF) apprécie que la plus haute autorité de l’État ait affirmé sa volonté de faire vivre la « laïcité ouverte et généreuse », qu’une longue histoire a construite dans notre pays. Elle se réjouit de plusieurs mesures annoncées, notamment la création d’un observatoire de la laïcité, qu’elle avait elle-même préconisé, et d’une autorité indépendante chargée de lutter contre toutes les discriminations, la rédaction d’un code de la laïcité et la confirmation de la mise en place d’un enseignement du fait religieux à l’école. Par contre, elle renouvelle ses craintes quant au risque discriminatoire que pourrait comporter la rédaction en urgence d’une loi contre le port de certains signes religieux à l’école. La FPF avait fortement affirmé – notamment devant la commission Stasi – que le débat focalisé autour de la question des signes d'appartenance religieuse était profondément révélateur du déficit de lien qui marque notre société française. Elle ne peut qu’approuver le président de la République quand il rappelle que le véritable malaise de notre société touche aux questions d’égalité des chances pour tous, d’intégration véritable, de nouvelles conquêtes pour le droit des femmes et de lutte contre toute discrimination.

La FPF avait répété, à plusieurs occasions, son attachement aux principes de la loi de 1905 : « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes… ». C'est pourquoi, elle approuve la réaffirmation solennelle, par le chef de l'État, du principe de laïcité. Elle souhaite que le débat ne soit pas clos et que les grandes idées du rapport de la commission Stasi puissent être largement débattues dans notre société française, notamment au sein des établissements d'enseignement, des collectivités locales, des associations, en particulier à caractère religieux. C'est le débat seul qui peut permettre à chacun de s'approprier les grands principes nécessaires à fonder notre « vivre ensemble », la construction de notre « destin commun ». La FPF est prête à continuer à y participer.

La FPF s'était prononcée en faveur d'une compréhension positive de la neutralité de l'État, qui doit garantir à tous les cultes une égalité de traitement, avec, pour tous, les mêmes libertés et les mêmes contraintes. Elle soutient donc toutes les initiatives annoncées qui vont dans le sens du renforcement des garanties apportées à un respect effectif de la liberté religieuse. Par contre, la FPF avait indiqué ses craintes quant à la « tentation de légiférer » dans la précipitation. Tout en reconnaissant qu'il revient au pouvoir législatif de décider s'il est nécessaire d'inscrire, dans une loi, certains principes et certaines limites, elle renouvelle son avertissement quant au risque discriminatoire que pourrait comporter la rédaction en urgence d’une loi contre le port ostensible de signes religieux à l’école et l'illusion de croire que les graves questions concernant le respect les uns des autres, ou l'égale dignité entre hommes et femmes, seront réglées par une seule loi d'interdiction de signes religieux.