Pontoise, France - « Communauté chrétienne, communauté humaine », Congrès de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes

Mis à jour le 30.05.2007 à 20:33
Pontoise, France - « Communauté chrétienne, communauté humaine », Congrès de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes
Avec plus de 450 personnes inscrites, dont 231 délégués représentant 111 Eglises locales - sur un total de 123-, ce Congrès 2007 fut certainement l’un des plus fréquentés de ces dernières années. Pour les participants qui rentraient dans le Hall Saint Martin de Pontoise, tout avait été fait afin de rendre ces trois journées, du 17 au 19 mai, riches en rencontres, en expériences, en échanges et en sensations. Espace animation enfants, nursery, vestiaire, mais aussi équipe d’écoute, d’encouragement et de prière, furent autant de services proposés pour rendre cet événement national agréable et spirituellement bienfaisant.

Trois nouvelles Eglises ont été accueillies comme membres de la FEEBF. Un poste de la Mission Intérieure (MIB) a été ouvert dans Paris (travail parmi les chinois) et quatre nouvelles Recherches Pionnières ont été enregistrées amenant ainsi à onze le nombre d’implantations d’Eglises engagées sous l’égide de la MIB.

C’est autour des deux dimensions de la communauté chrétienne et de la communauté humaine que ce congrès a réfléchi et travaillé, aidé en cela par des intervenants de grande qualité : les pasteurs Florian Rochat (Membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président de la Communion d’Eglises Protestantes Evangéliques et du Comité Protestant pour la Dignité Humaine), Jean-Luc Mouton (Directeur de l’hebdomadaire protestant Réforme), Jacques Poujol (psychothérapeute et formateur), Stéphane Lauzet (Secrétaire Général de l’Alliance Evangélique Française) mais aussi, lors d’une table ronde très appréciée, les pasteurs Jean Louis Poujol, Jim Beise et le maire de Sotteville au Val, porte parole du collectif des « Maires pour l’enfance », Franck Meyer.

Soulignant le caractère un peu schizophrène de la société actuelle, Jean-Luc Mouton a rappelé que le « ou bien – ou bien », caractéristique de la démarche chrétienne, devait reprendre le pas sur le « et – et » promut par une société de consommation trompeuse. Et de rappeler clairement que « la vie chrétienne est un choix radical, qui coûte ». Si pour le directeur de « Réforme », « nous vivons dans un monde qui est un monde de possible », pour le psychothérapeute Jacques Poujol nous sommes dans un temps où le moteur premier est « le désir de plaisir ». Et si l’Eglise s’est avérée bonne « organisatrice de la consolation des peurs (cet autre moteur universel) », elle ne sait pas répondre à ce besoin, exprimé par la communauté humaine d’aujourd’hui, d’entendre un discours sur ses désirs… étant elle-même une communauté humaine coincée entre mythes et réalités. Et pourtant, comme l’a précisé Florian Rochat en introduisant ce Congrès, la communauté chrétienne « a pour mission de répondre aux besoins sans imposer une morale ». Stéphane Lauzet, chargé quant à lui de conclure, rappellera à la « communauté baptiste » qu’elle est, avec d’autres, sel de la terre.

Cinq groupes de travail, magistralement introduits par les témoignages motivants entendus lors d’une table ronde, ont permis aux congressistes de formuler des idées d’actions, d’ouvrir plus largement des pistes de réflexions touchant des sujets sur lesquels la communauté chrétienne peut agir dans la communauté humaine : la pauvreté et le Défi Michée ; l’Eglise et l’immigration ; le rapport aux autorités ; l’écologie et le développement durable ; l’art et la communication.

Ce fut l’un des points forts de ce Congrès : plus d’une quinzaine d’artistes chrétiens ont contribués à l’exposition ouverte pendant les trois jours et à la soirée publique « Innov’art » du vendredi soir. Tableaux, sculptures, photos (environ 80 œuvres présentées), mais aussi diverses expressions musicales (du chanteur d’opéra au compositeur de musique « trans » spécialiste des boites de nuit), ou encore l’art du conte ou de la danse : nous avons voulu confronter l’église à cette expression artistique que la communauté humaine apprécie plus facilement que nos rites souvent devenus incompréhensibles. Ces artistes furent une grande bénédiction pour de nombreux congressistes


Mais le Congrès 2007, c’est aussi, en négatif, le constat que les baptistes ont perdu le sens d’une parole publique, paradoxe étonnant alors que le thème s’y prêtait. Aucun vœu, entre deux grands rendez-vous électoraux importants, à destination de la société civile, n’est sorti de ce Congrès ! Juste quelques « recommandations » adressées à un Conseil national en partie renouvelé cette année et touchant deux sujets de préoccupations internes : l’accompagnement et l’évaluation des pasteurs ; l’actualisation de textes datant de 1952 et de 1988 sur la question du vivre ensemble entre charismatiques et « moins » charismatiques… Ou, quand la communauté chrétienne fait inconsciemment de ses propres « désirs de plaisir » une priorité sur les besoins criants de la communauté humaine…

Source : pasteur David Razzano, Directeur du Département évangélisation