Madrid, Espagne - La Faculté de droit de l’Université Complutense de Madrid a accueilli un événement international sur la liberté religieuse

Mis à jour le 26.01.2014 à 11:40
Madrid, Espagne - La Faculté de droit de l?Université Complutense de Madrid a accueilli un événement international sur la liberté religieuse

Du 17 au 20 janvier, l’Institut des droits de l’homme et l’AIDLR (Association internationale pour la défense de la liberté religieuse) ont tenu une conférence internationale sur « La liberté religieuse et les minorités religieuses » sur le Campus de l’Université Complutense de Madrid, une université vieille de sept siècles.

Cet événement a rassemblé des douzaines d’experts connus, des politiciens et des juristes, dont des adventistes.

 

Ceux qui prônent la liberté religieuse en Europe, espèrent qu’une conférence académique qui s’est tenue en Espagne pourrait permettre une reconnaissance de la cause  de la liberté religieuse à l’égard des minorités confessionnelles au sein de la nation espagnole et dans les États avoisinants.

 

Intervenant au cours de cette conférence, Alexy Koshemyakov, responsable du Département national des minorités et de l’anti discrimination, au sein de Conseil européen de Strasbourg, a plaidé en faveur d’une institution européenne dont le but serait de traiter les questions liées à la liberté religieuse. Il a également fait un bref survol des derniers développements en ce qui concerne les dialogues inter religieux en Europe.

« Peut-être que cela pourrait permettre l’ouverture des portes, un jour, en ce qui concerne la liberté religieuse au sein de ce pays, » a déclaré John Graz, le secrétaire général de l’Association internationale pour la Liberté religieuse (IRLA).

Près d’une centaine d’étudiants en droit de l’Université Complutense de Madrid qui était l’organisateur de l’événement, se sont joints aux participants pour les discussions du soir.

La conférence s’est principalement attachée à trouver l’équilibre nécessaire entre les besoins des minorités religieuses et ceux de la société en général.

Jeremy Gunn, professeur des Études internationales à l’Université Al Akhawayn, au Maroc, a déclaré que les plus grands conflits avaient lieu au sein des confessions religieuses plutôt qu’entre elles, alors que les sectes religieuses tentent d’asseoir leur autorité.

« Il y a des minorités au sein même des religions, » a déclaré Gunn. « La tolérance et le respect devraient être une des valeurs fondamentales de chaque groupe. »

 

Les participants ont également discuté de la manière dont les gouvernements, les groupes religieux, les académies et la société civile pourraient promouvoir et protéger la liberté religieuse.

Belen Alfaro, ambassadeur de l’Alliance des civilisations pour le compte des Nations Unies, a mis l’accent sur le besoin « pour une culture de paix qui viendrait combattre l’intolérance à travers le dialogue. »

Le président de l’AIDLR, Bruno Vertallier était aussi de cet avis. « Mon souhait est que nous puissions établir de nouvelles voies pour la liberté religieuse, la tolérance et le respect, à travers le dialogue, » a-t-il déclaré.

Ganoune Diop, qui assure la liaison entre la Conférence générale des Églises adventistes et l’Organisation Nations Unies (ONU) a déclaré qu’il était essentiel de se rappeler que la dignité était à la base de tous les droits humains et que la liberté religieuse en faisait partie.

« La dignité est un sceau divin et sacré, » a déclaré G. Diop. « Chaque être humain a de la dignité car chaque être humain a été créé à l’image de Dieu. »

 

Quand il a été question de politique publique, Harri Kuhalampi, un représentant du département de la Culture et de l’Éducation au sein du Parlement Européen, a fait ressortir que l’attitude personnelle face à  la tolérance, l’hospitalité et le respect était également vitale.

« La coopération au sein des communautés est tout aussi importante que les législations gouvernementales, » a-t-il ajouté.

Heiner Bielefeldt, un rapporteur spécial des Nations unies en ce qui concerne la liberté religieuse ou les croyances a rappelé autre chose : « la liberté religieuse est dynamique et non statique. Quand l’attention et l’intérêt s’amenuisent, la liberté religieuse peut aussi prendre le même chemin », a-t-il déclaré.

 

La conférence comprenait également une visite de la ville historique de Tolède, une ville que les organisateurs ont qualifié « d’oasis de la tolérance religieuse entre chrétiens, musulmans et juifs ». Plusieurs synagogues, églises et mosquées datant du Xe siècle font maintenant office de musée.

L’Église centrale adventiste à Madrid a accueilli un concert sur la liberté religieuse au cours de la dernière soirée de la conférence, attirant plus de 500 membres de la communauté. L’organisateur, Liviu Olteanu, était d’avis que l’Église était le lieu approprié pour un événement prônant la liberté religieuse.

 

L’Espagne est à 94% catholique. Les 16 000 adventistes de ce pays font partie des 6 % des autres groupes religieux que compte la population.

L’Association internationale pour la défense de la Liberté religieuse (AIDLR) est une organisation internationale non-gouvernementale (OING) dont le siège se trouve à Berne. Cette organisation s’est engagée à défendre la liberté de penser et publie une revue annuelle « Conscience et Liberté ».

Source : ANN/BIA