Lomé, Togo – Acquittement du pasteur Antonio Monteiro

Mis à jour le 14.01.2014 à 17:15
Lomé, Togo ? Acquittement du pasteur Antonio Monteiro

Le verdict du tribunal de Lomé au Togo a été rendu le lundi 13 janvier 2014. Le tribunal acquitte le pasteur adventiste Antonio Monteiro et condamne Bruno Amah à la détention à perpétuité selon les propos de l’avocat de l’Église adventiste.

Cette décision de la Cour d’appel de Lomé intervient près de 22 mois, après l’incarcération en mars 2012, de plusieurs personnes accusées de conspiration avec l’intention de commettre un meurtre.

 

Selon les informations retenues, par l’Église adventiste mondiale, ces deux hommes ainsi que trois autres personnes ont été incarcérés sans procès et seulement sur la base de l’accusation d’un homme décrit, dans un rapport psychiatrique, comme « menteur pathologique ». Cet homme, Kpatcha Simliya, détenu a été condamné par le verdict de la Cour d’appel de lundi 13 janvier, à la prison à vie.

Le juriste Todd McFarland, conseiller général pour la Conférence générale de l’Église adventiste, a indiqué que le verdict de la Cour concernait deux autres hommes : Beteynam Raphael Kpiki Sama, reconnu coupable et condamné à 25 ans de prison et à une amende de 10 millions de Francs CFA, et Idrissou Moumouni qui lui, a été acquitté.

 

Depuis mars 2012, cette saga a été suivie par les services de presse adventiste et par bien des membres adventistes. Des veillées de prière, des campagnes sur les médias sociaux, des appels sur internet ont favorisés des pétitions pour recueillir des signatures en demandant la libération de ces détenus. Bien des personnes dans le monde ont encouragés de telles initiatives vivant à transmettre des lettes aux responsables de gouvernement ainsi qu’aux diplomates de différents pays.

« Nos sentiments sont mitigés quant à la décision du tribunal, » a déclaré le pasteur John Graz, directeur du département des Affaires publiques et de la Liberté religieuse pour l’Église adventiste mondiale en ajoutant : « L’acquittement de pasteur Monteiro est une bonne nouvelle et nous sommes heureux pour lui et sa famille. Nous sommes surpris et très tristes d’apprendre la condamnation de Bruno Amah. »

Le pasteur Antonio Monteiro, natif du Cap Vert, servait comme missionnaire au Togo depuis 2009 en tant que directeur des Ministères de la Famille à l’Union adventiste du Sahel à Lomé.

 

Les arrestations et les détentions sont intervenues après une série d’homicides en septembre 2011.

Selon divers journaux ainsi que des rapports de police, plus d’une douzaine de corps de femmes âgées de 12 à 36 ans ont été retrouvés dans la banlieue d’Agoué, au nord de Lomé. Les corps portaient des traces de coups de couteau et certains organes sexuels avaient été enlevés. Du sang et des morceaux d’animaux sont souvent utilisés dans des cérémonies vaudou qui sont très pratiquées au Togo.

Etant donné qu’il n’y a eu aucune arrestation, le public a demandé justice pour les meurtres, ont indiqué les dirigeants de l’Église.

 

Kpatcha Simliya est par la suite passé à la télévision, entouré de policiers, relatant le récit de la série de meurtres qu’il a dit-il organisé, et nommant les complices qui ont récolté le sang et les organes. Mais l’essentiel du récit s’est avéré invraisemblable y compris le nombre de victimes et les méthodes utilisées, d’après les indications du médecin qui l’examina.

« Toute personne informée et raisonnable aurait des doutes au sujet de son incroyable récit ou de la faisabilité de ses crimes ou prétendus crimes, » a indiqué un rapport psychiatrique daté du 9 septembre 2012 et souhaité par le tribunal.

Par la suite, Kpatcha Simliya est revenu sur ses déclarations et ses accusations disant qu’il avait été battu par la police, qu’on l’avait forcé à donner le nom de personnes qu’il savait prétendument être des co-conspirateurs dans un réseau de trafic de sang, d’après les indications du rapport psychiatrique.

Cependant son témoignage – la seule preuve dans l’affaire – a été suffisant pour amener les condamnations dans le verdict d’aujourd’hui. Le jury qui a rendu ce verdict était composé de trois juges et de 6 civils, a déclaré l’avocat Todd McFarland.

 

Source : ANN/BIA