Neuilly-sur-Seine, France – Conférence sur l’immigration par le pasteur Jean-Arnold de Clermont

Mis à jour le 23.02.2007 à 14:15
Neuilly-sur-Seine, France ? Conférence sur l?immigration par le pasteur Jean-Arnold de Clermont
Mardi 6 février 2007 a eu lieu à l’Eglise réformée de Neuilly une conférence organisée en commun avec l’Eglise adventiste de Neuilly, sur le thème « Regards protestants sur l’immigration » par le pasteur Jean-Arnold de Clermont, Président de la Fédération protestante de France, au cours d’une réunion animée par Claude Leroi, à laquelle ont participé de nombreux Neuilléens.
Jean-Arnold de Clermont a commencé par faire remarquer que le titre lui-même, en mettant au pluriel les regards protestants sur l’immigration, annonçait qu’il n’y a pas un seul regard protestant sur ce sujet, et que donc, contrairement à d’autres lobbys, la Fédération protestante n’a pas une seule réponse et position officielle.

Pour commencer le débat, une interrogation : Le sujet vaut-il la peine qu’on en débatte ? La réponse est oui. Il y a actuellement dans le monde un flux constant de 200 millions de migrants internationaux, dont 60% vont du Sud vers le Nord et 40% de l’Est vers l’Ouest. Le sujet est donc bien là et il existe.

Que pouvons-nous penser de ces migrants et de l’accueil que nous pouvons leur faire ?
Commençons par le réflexe du bon protestant ; allons voir la Bible. Et là, nous sommes déjà face à plusieurs regards, car entre le Psaume 61, Lévitique 19 et Deutéronome 7, la position n’est pas la même. Tantôt nous sommes invités, en tant que fils d’Abraham, à nous considérer tous comme des anciens migrants de la terre d’Egypte, tantôt toujours à travers la filiation d’Abraham, on nous reconnaît la différence accordée au peuple élu.
Alors que penser en tant que protestant ?

La réponse de Jean-Arnold de Clermont tient en deux points : ce qui rassemble tous les regards différents des protestants sur ce sujet, ce sont la présence d’un débat et le respect des droits humains
Chaque fois que l’un de ces principes a été bafoué, la Fédération protestante a fait une démarche officielle pour changer les choses.

Le débat nous amène vite à plusieurs constats :
1. Il est tout aussi utopiste de vouloir accueillir que de vouloir repousser tout le monde.
2. Une politique éclairée en matière d’immigration ne peut absolument pas laisser de côté le sujet du co-développement avec les pays d’où proviennent les migrants.

Le respect des droits humains quant à lui, nous amène à considérer la différence primordiale qu’il y a entre les migrants par choix et les demandeurs d’asile. Le simple respect des droits de l’homme et de la convention de Genève nous oblige à accueillir humainement ces derniers. Concernant les migrants par choix, ce sont aux Etats d’en décider, quant à nous, nous ne devons pas oublier qu’en tant que protestants nous avons la vision d’une humanité solidaire, et que les nombreuses communautés ethniques protestantes de France sont là pour témoigner de notre richesse protestante dans la différence.

Le pasteur Emil Lazar, de l’Eglise adventiste roumaine à Paris a donné ensuite son témoignage sur l’implantation en France des migrants roumains qui ont dû quitter la Roumanie entre 1995 et 2002. C’est grâce à leur Eglise roumaine qu’ils ont pu s’enraciner et ils continuent à vouloir y rester. Mais la jeune génération souhaite majoritairement se rapprocher de l’Eglise adventiste en France. Après la période de l’accueil, vient celle de l’intégration. Si la première est importante, la seconde doit retenir toute notre attention et notre support.
Source: Aldo Monet