Washington, Etats-Unis - Lutte cruciale des organisations religieuses contre le VIH et le SIDA

Mis à jour le 20.02.2007 à 10:05
Washington, Etats-Unis - Lutte cruciale des organisations religieuses contre le VIH et le SIDA
Une récente étude publiée le 8 février dernier confirme ce que beaucoup d'organisations religieuses qui procurent des soins sanitaires savent déjà : lorsqu'il s'agit du VIH et du SIDA, les Organisations Basées sur la Foi (OBF) sont les principaux acteurs pour les soins à long terme. C'est au cours d'une réunion qui se tenait dans la cathédrale nationale de Washington D.C., que plus de cent représentants ont discuté des conclusions de ce rapport. Ces représentants étaient issus d'organisations religieuses, du Congrès américain, de groupes politiques publics, de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d'autres organisations non-gouvernementales (ONG).

Pour le Docteur Allan Handysides, responsable des ministères de la santé à la Conférence Générale, le fait que l'OMS, branche des Nations Unies, ait commandité cette étude, montre bien que les contributions des OBF sont maintenant reconnues. A. Handysides fait ainsi écho aux conclusions du rapport. Dans le passé, beaucoup d'institutions publiques ont négligé les services de santé vitaux fournis par les groupes religieux.

Selon le rapport, au Lesotho environ 40 % des soins du SIDA sont administrés par des OBF alors qu'en Zambie ce sont environ 30 % des soins du SIDA qui sont administrés par des OBF.

Ayant ces résultats à l'esprit, le révérend Ted Karpf, agent des associations au département du VIH de l'OMS, et plusieurs autres personnes, ont discuté de l'importance pour le gouvernement et d'autres groupes politiques d'inclure les OBF dans les programmes de lutte contre la maladie. Il déclare : « Au niveau des gouvernements, ce que les organisations font a pendant longtemps été méconnu et est resté inexploité ».

Le Docteur Kevin DeCock, responsable du département du VIH à l'OMS, approuve. « Les églises ont tendance à garder des liens dans la communauté et n'ont pas l'intention de quitter le terrain. Elles n'ont pas peur des tâches difficiles... Alors, toute réponse au SIDA ou autre crise sanitaire doit impliquer la société civile et les groupes religieux jouent aussi un rôle important à ce niveau. »

Le rapport précise aussi qu'il y a plus de 750 000 organisations chrétiennes présentes sur le continent africain, ce qui surpasse en nombre tous les hôpitaux et les écoles. Ce chiffre ne tient pourtant pas compte des institutions dirigées par des groupes religieux non-chrétiens. Plusieurs présentateurs expliquent que dans cette région du monde, région la plus frappée par le VIH et le SIDA, les gouvernements ne peuvent pas continuer à ignorer les contributions des groupes religieux.

Au cours de cette rencontre, beaucoup ont dit que les résultats de l'étude étaient intéressants. Ils espèrent que cela sera le premier pas qui amènera les gouvernements du monde entier à reconnaître et à financer un peu plus le travail des groupes religieux engagés dans le soin du VIH et du SIDA.

Jim Kolker, ambassadeur et coordinateur du Bureau du SIDA Mondial au département d'état américain, s'interroge : « Que pouvons-nous faire, face à la pénurie de médecins et de ressources ? ». Il propose de « trouver les organisations religieuses qui s'occupent déjà d'apporter des soins de santé et d'ajouter les soins aux VIH. Les gouvernements ne peuvent vraiment pas s'occuper seuls de toutes les personnes qui sont dans le besoin. On n'a pas besoin d'être infirmier pour effectuer un test du SIDA sur une personne. Nous devons travailler avec la communauté pour habiliter ceux qui ne sont pas dans le gouvernement ».

Durant cette journée, les actions médicales et spirituelles des différentes organisations religieuses ont été mises en exergue. Il en ressort que ces groupes pourraient faire plus s'ils disposaient de davantage de moyens financiers et de reconnaissance de la part des gouvernements. L'Eglise adventiste du septième jour en Afrique a été mentionnée à plusieurs reprises, en particulier en ce qui concerne l'adoption d'un modèle développé par le bureau du Ministère adventiste international de lutte contre le SIDA (AAIM), dont le siège est à Johannesburg en Afrique du Sud. Ce modèle envisage que chaque église adventiste devienne un « centre de soutien à la communauté, au travers de groupes de soutien destinés aux victimes du VIH/SIDA ». En favorisant une telle implication dans la communauté, AAIM subvient non seulement aux besoins de soins médicaux et d'éducation, mais il fournit aussi un encouragement spirituel intangible.

Le Docteur Peter Landless, responsable adjoint des ministères de la santé à la Conférence Générale, fait remarquer que le temps est venu pour que l'Eglise adventiste collabore avec le secteur public, et qu'au-delà, les différents groupes religieux travaillent aussi ensemble.

L'evêque John Chane du diocèse de Washington conclut en disant : « Nous devons mettre de côté nos différences pour aborder ce vaste fléau qui touche la nature humaine. Nous pouvons faire beaucoup si nous sommes capables de trouver de bons partenaires, de se faire connaître et de développer un programme d'envergure qui guérira et sauvera. En faisant cela, nous pourrons gagner une nouvelle génération qui sera libre du SIDA ».
Source ANN/BIA