Strasbourg, France - Le Conseil de l’Europe soutient les Chrétiens d’Orient persécutés

Mis à jour le 30.01.2011 à 13:46
Strasbourg, France - Le Conseil de l?Europe soutient les Chrétiens d?Orient persécutés
Le Centre européen pour la loi et la justice (European Centre for Law and Justice) se réjouit de l’adoption par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe d’une recommandation sur les « Violences à l’encontre des Chrétiens au Proche et Moyen-Orient ». Cette recommandation et son exposé des motifs ont été préparés par M. Luca Volontè et adoptés par 125 voix contre 9 et 13 abstentions.

L’ECLJ se réjouit de voir que l’Assemblé parlementaire a repris à son compte les suggestions qu’il avait formulées lors de l’audition qu’il a organisée le 25 janvier.
Cette recommandation exprime l’engagement ferme de l’Europe de défendre les chrétiens au Moyen-Orient et dans les autres régions où ils sont persécutés. L’Assemblée parlementaire non seulement condamne les tragiques attentats terroristes qui ont eu lieu récemment à Bagdad et à Alexandrie mais aussi aborde la question des « stéréotypes et préjugés antichrétiens et la christianophobie en général », c’est-à-dire l’intolérance croissante à l’égard des Chrétiens dans le monde. Pendant les débats, l’Assemblée a vigoureusement dénoncé l’épuration religieuse des Chrétiens de leur région natale. Le statut de dhimmi qui, conformément à la charia, relègue les Chrétiens au rang de citoyens de seconde classe a aussi été condamné sans ambigüité.

Plus largement, certains membres de l’Assemblée ont souligné que nier la place du christianisme dans la culture européenne constitue aussi une sorte de violence contre les Chrétiens. « Le communisme a persécuté les religions et continue de le faire en Corée du Nord, comme l’islamisme le fait aujourd’hui, mais l’idéologie laïciste peut aussi, à un autre niveau, créer un climat de discriminations contre les religions, et en particulier contre la religion majoritaire en Europe. Les Européens devraient être cohérents à cet égard » souligne Grégor Puppinck, Directeur de l’ECLJ.

L’aspect le plus remarquable de cette recommandation est de ne pas se limiter à de simples proclamations, mais de contenir une liste de d’actions politiques claires et précises qui doivent être entreprises par le Conseil de l’Europe et ses Etats membres, parmi lesquelles :

• porter une attention accrue au sujet de la liberté de religion ou de croyance et à la situation des communautés religieuses, y compris chrétiennes, dans sa coopération avec des pays tiers ainsi que dans les rapports sur les droits de l'homme ;

• élaborer une politique globale d’asile basé sur des motifs religieux, qui reconnaîtrait en particulier la situation spécifique des convertis ;

• promouvoir des politiques pour aider à réinstaller les réfugiés chrétiens dans leur pays d'origine et soutenir les communautés offrant localement un refuge aux minorités chrétiennes du Proche-Orient ;

• mettre en place une capacité permanente pour suivre la situation des restrictions gouvernementales et sociétales à la liberté de religion et aux droits connexes dans les Etats membres du Conseil de l’Europe et les États du Proche et du Moyen- Orient, et de rendre compte régulièrement à l’Assemblée ;

De façon suffisamment inhabituelle pour être signalée, l’Assemblée a aussi demandé instamment à tous les États du Proche et du Moyen-Orient de condamner sans ambiguïté non seulement les attentats meurtriers contre des personnes innocentes mais aussi le recours à la violence en général et tout type de discrimination et d’intolérance fondée sur la religion et les croyances ainsi que de promouvoir une éducation positive sur les religions, notamment à l’égard des minorités chrétiennes.

Ce débat a eu lieu deux jours après une audition organisée en marge de la session de l’Assemblée parlementaire sur le thème « Persécution des Chrétiens d’Orient, quelle réponse de l’Europe ? » Cette audition, organisée par l’ECLJ avec le Rapporteur Luca Volontè (PPE), a rassemblé plus de 220 personnes autour en particulier de Mgr Antoine Audo, Evêque Chaldéen d’Alep, de l’Archimandrite Emanuel Youkhanna, de l’Église Assyrienne Orientale, de Marc Fromager, Directeur de l’AED-France, de Michel Varton Directeur de Open Doors, et du Professeur Massimo Introvigne, représentant de l’OSCE sur l’intolérance et la discrimination contre les Chrétiens. Les intervenants ont appelé le Conseil de l’Europe et ses États membres à s’engager à défendre les Chrétiens d’Orient. A cette occasion, l’ECLJ a rendu public son rapport « La persécution des Chrétiens d’Orient, quelle réponse de l’Europe ? », qui examine la situation des Chrétiens au Moyen-Orient et propose des mesures concrètes pour les aider.

Cette recommandation suit l’adoption d’une résolution par le Parlement européen le 20 janvier dernier et sera suivie par une discussion au Conseil européen (Bruxelles) lundi prochain 31 janvier, à l’initiative des gouvernements de l’Italie, de la Hongrie et de la Pologne.


L’ECLJ suivra de près la mise en œuvre de cette recommandation et la soutiendra. « Si le christianisme est supprimé du Moyen-Orient, non seulement ces sociétés souffriront du manque de diversité et de charité, mais l’intolérance à l’égard des religions minoritaires va empirer. Nous nous réjouissons que le Conseil de l’Europe vienne à la défense des Chrétiens autochtones là où ils sont victimes de discriminations ou de persécutions. Nous devons refuser la stratégie de tensions interreligieuses des extrémistes » rappelle Grégor Puppinck. Malheureusement, quelques membres turcs et azéris de l’Assemblée parlementaire ainsi que le socialiste suisse Andreas Gross ont voté contre la résolution.

Source : CPDH/BIA