Washington, Etats Unis - Des responsables religieux dénoncent l'islamophobie aux Etats-Unis

Mis à jour le 13.09.2010 à 17:36
Washington, Etats Unis - Des responsables religieux dénoncent l'islamophobie aux Etats-Unis
Plus d'une trentaine de responsables religieux ont publié une déclaration dénonçant le fanatisme anti-musulman qui s'est manifesté autour de l'anniversaire des attentats du 11-septembre aux Etats-Unis.

Des responsables chrétiens et d'autres religions ont condamné en même temps dans le monde entier le projet d'une église située dans l'Etat de Floride, aux Etats-Unis, de brûler des exemplaires du Coran le jour de l'anniversaire des attentats. Le pasteur de l'église, Terry Jones, a en fin de compte abandonné son projet suite au tollé général qu'il avait suscité.

Des responsables chrétiens et juifs se sont joints à Ingrid Mattson, présidente de la Société islamique d'Amérique du Nord, pour réagir à « l'atmosphère de peur et de mépris » générée par la controverse autour du projet de construction d'un centre islamique à proximité de "Ground Zero", à New York, où une partie des attentats du 11 septembre 2001 ont eu lieu. Selon elle, les musulmans ressentent une anxiété similaire à celle qu'ils avaient connue après les attentats, il y a neuf ans.

« Ils s'inquiètent pour leurs enfants, qui retournent à l'école cette semaine; ils ont peur qu'en arrivant à l'école, leurs enfants seront face à des gens qui les regardent comme des étrangers, alors que ce sont des citoyens qui sont nés dans ce pays » a déclaré Ingrid Mattson, selon l'agence Religion news_old Service (RNS).

Les 35 responsables religieux qui se sont réunis pour la "réunion interreligieuse d'urgence" ont déclaré qu'ils ne pouvaient pas garder le silence concernant les récentes attaques prenant pour cibles des musulmans ou des mosquées.

« Ce n'est pas cela, la religion », a déclaré le rabbin David Saperstein, directeur du Centre d'action religieuse du judaïsme réformé. « Nos religions n'ont rien à voir avec cela et ce pays n'a rien à voir avec cela. »

Aux évangéliques qui alimentent le fanatisme antimusulman, le pasteur Richard Cizik, président du Nouveau partenariat évangélique pour le bien commun, a lancé « Honte à vous. »

Les responsables religieux ont appelé leurs homologues à coopérer au niveau des Etats et sur le plan local pour montrer leur solidarité avec les musulmans.

Le pasteur Michael Kinnamon, secrétaire général du Conseil national des Eglises des Etats-Unis, a déclaré: « Nous dénonçons le fanatisme anti-musulman. Nous revendiquons la tolérance religieuse. » Il a ajouté : « Notre communauté chrétienne se trouve enrichie et approfondie par les relations que nous entretenons avec nos collègues musulmans et juifs. »

Les responsables religieux critiquaient notamment le projet de l'église de Gainesville, en Floride, de brûler des exemplaires du Coran, livre saint de l'islam, le 11 septembre, jour anniversaire des attentats.

« Nous insistons sur le fait qu'aucune religion ne doit être jugée sur les paroles ou les actes de personnes qui cherchent à la pervertir au moyen d'agissements violents », lit-on dans la déclaration, longue de deux pages.

A Genève, le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), a déclaré que le COE et ses Eglises membres dans le monde entier condamnent tout acte pouvant entraîner des violences entre les communautés musulmanes et chrétiennes.

« Les responsables religieux ont un rôle unique et la responsabilité morale d'œuvrer à la réconciliation et à la guérison au sein de leurs propres communautés et entre les communautés. Ainsi trouvons-nous encourageant de voir la solidarité interreligieuse exprimée par les Eglises et par les communautés et responsables religieux aux Etats-Unis, y compris dans l'Etat de Floride », lit-on dans la lettre du pasteur Tveit.

Le 8 septembre, le Vatican a dénoncé le projet de brûler le Coran en Floride pour le neuvième anniversaire du 11-septembre.

Dans un communiqué, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, au Vatican, a qualifié le projet de « geste de grave offense envers un livre considéré comme sacré par une communauté religieuse. »

Source : ENI/BIA