Paris, France - Mise au point sur la déontologie de l'humanitaire

Mis à jour le 12.02.2010 à 23:55
Paris, France - Mise au point sur la déontologie de l'humanitaire
Bien des rumeurs se propagent sur Haïti depuis le 12 janvier dernier montrant même que les hommes censés transmettre avec fidélité la parole de Dieu sont parfois porteurs de cynisme dans leurs commentaires.

Le télé évangéliste américain Pat Robertson affirma que « les horreurs que vivent les Haïtiens à répétition depuis longtemps sont le fruit empoisonné d’un pacte conclu avec le diable à la fin du XVIIIe siècle. »(1)

Pour le service de presse adventiste du BIA, « Une telle affirmation digne de la terreur du Moyen Age reste une offense dans les cœurs et une insulte à Dieu. » La revue adventiste française du mois de février consacre un éditorial sur ce sujet intitulé « les larmes de Dieu ».

Pour le rédacteur de cette publication, « Le problème qui se pose n’est pas de savoir qui est responsable du séisme mais bien plutôt de savoir s’il était prévisible et dans l’affirmative, il est clair que la population évacuée aurait pu avoir la vie sauve. Quoi qu’il en soit, il n’entre pas dans le projet de Dieu de supprimer ses créatures. Il ne suscite pas des conversions pour anéantir par la suite les convertis dans le déchainement des éléments naturels ».

Haïti touche tous les peuples occidentaux parce que les haïtiens sont présents sur bien des continents. Cette catastrophe aura permis de voir un immense élan de solidarité internationale. Bien sûr, cet élan aurait pu se vivre depuis fort longtemps dans l’histoire pour aider ce pays et ses habitants.

Les organisations caritatives se limitent toujours à la dimension d’aide et de secours conformément à la déontologie du secours humanitaire. Mais il peut aussi y avoir dans l’immense foire humanitaire des personnes peu scrupuleuses qui profitent de la détresse pour promouvoir un concept personnel comme une distribution de la nourriture aux nécessiteux en échange de baptêmes évangéliques. Cette perspective n’est pas celle d’ADRA international dont le sérieux n’est plus à démontrer tant au niveau international (http://www.adra.org) qu’au niveau national (http://www.adra.fr).

Pour Brina Leroux, coordinatrice d’ADRA-France, « ADRA ne mélange pas humanitaire et évangélisation. Si elle le faisait, elle ne serait pas l’une des principales partenaires du PAM en Haïti ».

1. Christian Broadcasting Nework 13/01/2010/ ; CNN US 13/01/2010 ; BS 13/01/2010 ; Actualité. Com 14/01/2010