Paris, France – Séminaire sur la liberté religieuse en Guyane française

Mis à jour le 24.01.2010 à 20:48
Paris, France ? Séminaire sur la liberté religieuse en Guyane française
Du 22 au 27 janvier 2010, le secrétaire général de l’Union franco-belge, le pasteur Jean-Paul Barquon qui est aussi responsable du département de la liberté religieuse a assuré un séminaire sur la liberté religieuse à Cayenne, en Guyane française à la demande de la Mission adventiste de ce département.

En matière de régime cultuel, la Guyane bénéficie d’un régime particulier au sein de la République. La loi du 9 décembre 1905 n’a pas été étendue à la Guyane. Le Concordat n’ayant jamais été applicable sur ce territoire, le statut de l’Église catholique demeure régi par une ordonnance royale prise par Charles X, en date du 27 août 1828. Ils s'y ajoutent des dispositions des décrets du 16 janvier et du 6 décembre 1939, dits décrets Mandel (ministre des colonies du gouvernement d’Albert Lebrun). En application de cette ordonnance, les membres du clergé catholique de Guyane sont rétribués par le budget départemental après agrément de l’autorité préfectorale. Sur ce territoire, seul le clergé catholique est salarié par le Conseil général (27 prêtres rémunérés par un budget annuel de 800 000 €).

Si la religion catholique reste majoritaire en Guyane, elle est aujourd’hui, et bien après 1939, concurrencée par de nombreux groupes religieux ayant une dimension internationale (adventistes, baptistes, quakers, armée du salut, pentecôtistes, assemblées de Dieu, évangéliques, témoins de Jéhovah, mormons) mais aussi des groupes limitées à une dimension locale (santeria, macumba, candomblé, umbanda, quimbanda).
La commission Machelon dans son rapport de 2005 faisait une analyse et une proposition de la situation religieuse puisque les cultes, notamment protestants, ne sont pas sur un plan d’égalité depuis 1828 et 1939.

Devant un auditoire attentif, Jean-Paul Barquon a rappelé les propositions de la Commission Machelon en invitant les responsables religieux à se consulter sur le plan local pour une concertation avec les pouvoirs publics.
Mais les temps forts de ce séminaire a été de rappeler l’exigence de la liberté religieuse, droit fondamental mais aussi l’harmonie des pratiques religieuses au sein de la sphère publique, notamment dans le milieu adventiste la pratique cultuelle du samedi, septième jour de la semaine.
Jean-Paul Barquon a pu répondre à un certain nombre de questions relatif aux exercices du culte mais aussi aux exigences de la liberté de pensée, de conscience et de religion mais aussi à ses limites.

Il s’est largement exprimé sur la compatibilité entre l’assiduité au culte hebdomadaire, le septième jour, conformément aux préceptes bibliques enseignés par les adventistes et l’emploi du temps scolaire. Les écoles primaires pratiquent généralement la semaine de quatre jours mais les difficultés peuvent exister dans l’emploi du temps du second cycle et lors d’examens et concours nationaux.

Élèves et enseignants devant comprendre la neutralité de l’Éducation nationale en la matière et les recours possibles.

L’Église adventiste en Guyane comptait à la fin de l’année 2008, 8 pasteurs, une dizaine d’églises et autant de groupes, deux écoles primaires (Cayenne : 206 élèves, Saint Laurens : 325 élèves) et une radio locale et plus de 2 300 membres. Elle fait partie de l'Union adventistes des Antilles et de la Guyane françaises (UAGF) dont le siège est fixé en Martinique.

Source : BIA