Collonges-sous-Salève, France - A la mémoire de Jean Calvin

Mis à jour le 13.05.2009 à 12:51
Collonges-sous-Salève, France - A la mémoire de Jean Calvin
La Faculté adventiste de théologie de Collonges-sous-Salève a célébré du 7 au 9 mai le 500ème anniversaire de la naissance du grand réformateur.

La Faculté adventiste de théologie, sous l’impulsion de son doyen, Roland Meyer, a souhaité marquer l’événement en présentant une approche plurielle de la dimension théologique, historique et culturelle du calvinisme. Elle a fait appel à différents orateurs issus à la fois du monde protestant et du milieu adventiste. Outre les étudiants de la Faculté de théologie dont la présence était requise par le programme d’études, une quinzaine de participants venus de Bulgarie, de Belgique et de Suisse ont pu bénéficier de ce colloque d’une grande qualité. Une exposition murale permettait de suivre l’évolution de Calvin. Neuf volumes impressionnants édités du vivant du réformateur et regroupant ses principales œuvres littéraires étaient exposés.

Marc Vial, maître-assistant en histoire du christianisme à la Faculté de théologie protestante de l’université de Genève a présenté « Les lignes de force de la théologie de Calvin ».

Michel Grandjean professeur d’histoire du christianisme à la Faculté de théologie protestante de l’université de Genève a présenté un exposé sur Calvin prédicateur.
Entre 1536 et 1564, l’année de sa mort, Jean Calvin a consacré plus de la moitié de sa vie à la prédication. Chaque dimanche matin et encore l’après-midi, ainsi que tous les jours une semaine sur deux, le réformateur a prononcé près de deux cents prédications par an, ce qui représente plus de quatre mille sermons d’une durée moyenne d’une heure.

Jean-Pierre Meynard, théologien, dirige la librairie Payot de Genève s’est attardé sur « les principes et le système de la justice chez Calvin. »

L’orateur définit dans un premier temps la conception de la justice et de la loi. La justice, c’est la vertu aux yeux de Calvin : « Justice est de recevoir les innocents en leur sauvegarde : les maintenir, défendre, soutenir et délivrer. Jugement est de résister à la hardiesse des méchants, réprimer leurs violences et punir leurs délits. » Par nature, l’homme est en dehors de la volonté de Dieu. Seule une loi nouvelle peut le ramener vers la sagesse. Dans ce cadre nouveau, la justice devient un principe égalitaire garantissant un ordre à la fois social et politique.

Thomas Domanyi, professeur d’éthique et d’histoire à la Faculté adventiste de théologie de l’Université de Friedensau en Allemagne développa le sujet « Calvin, pionnier de la liberté religieuse ? »
Les faits semblent plaider contre le réformateur si l’on se souvient de la querelle qui l’oppose à Michel Servet et qui aboutit à l’exécution de ce dernier en octobre 1553. Il ne faudrait pas oublier que cette époque ne brillait pas par la compréhension mutuelle entre les différentes confessions. Il suffit de parcourir les ouvrages de Luther et de découvrir ses diatribes contre les Juifs et les paysans pour s’en convaincre Calvin. Tributaire de son temps, Calvin a en fait préparé la Réforme pour l’avenir. Il semble n’avoir pas si mal réussi, puisque quatre-vingts millions de fidèles se réclament encore aujourd’hui de ses idées.

Marcel Ladislas est maître de conférences en Ancien Testament à la Faculté adventiste de théologie de Collonges-sous-Salève s’est attardé sur « Calvin, un excellent hébraïsant ».
Sans aucun doute, Jean Calvin maîtrisait la langue de Hillel. Il avait bénéficié des enseignements de l’hébraïsant Guillaume Budé au collège Fortet à Paris. Cette connaissance de l’hébreu se vérifie ailleurs dans les nombreux sermons prononcés par Calvin.

Jean-Luc Rolland est maître de conférences en histoire de l’Église adventiste à la Faculté de théologie de Collonges-sous-Salève et directeur du Centre de recherche Ellen White. Il développa le sujet « L’influence de la pensée de Calvin sur le puritanisme américain ».
Le puritanisme, c’est en quelque sorte la Réforme qui se poursuit dans une société idéale fondée sur les Écritures. Il s’agit d’une tendance radicale du protestantisme anglo-saxon aux XVIe et XVIIe siècles. Attachés à une morale très stricte, les puritains désignent ceux qui émigrèrent en Amérique entre 1620 et 1630 et qui tentèrent d’y réaliser une communauté religieuse et politique conforme à leur idéal. Les puritains s’opposèrent à l’Église d’État et revendiquèrent le système calviniste du presbytérianisme. Nombreux furent ceux qui décidèrent d’émigrer dans les Provinces-Unies et en Amérique où ils fondèrent la colonie de la baie du Massachusetts. Si l’influence de Calvin fut prépondérante dans le puritanisme, on peut dire également que le courant puritain a très fortement influencé la conception de la constitution des États-Unis d’Amérique.

Jiri Moskala est professeur d’Ancien Testament à la Faculté adventiste de théologie de l’université Andrews aux États-Unis. Il présenta une conférence sur « la prédestination de Calvin et le message biblique ».

Jean Calvin est âgé de vingt-sept ans quand il commence la rédaction de l’Institution de la religion chrétienne. Quatre chapitres (21 – 24) du tome III sont consacrés à la prédestination. Le réformateur prétend fonder sa thèse sur la Bible mais comment est-il possible d’admettre la prédestination à la lumière des Écritures ? Pour Calvin, Dieu a un double plan pour l’humanité : la vie éternelle ou la mort éternelle. Cette élection inconditionnelle dépend du décret souverain de Dieu. Karl Barth voit dans cette double prédestination une « inhumanité pathétique » de la vision calviniste. Beaucoup la considèrent comme un scandale inadmissible pour plusieurs raisons. D’abord, la prédestination offre une fausse image de Dieu puisqu’avant même toute rébellion certains sont damnés. Elle exclut le libre-arbitre. Tomber dans le péché semble donc prédestiné par Dieu. La punition éternelle est infligée à des humains rejetés qui n’ont pas demandé à l’être. La foi se réduit à un don de Dieu et n’est donc plus une réponse à la grâce. Le salut n’est offert qu’aux élus alors que le Christ est mort pour tous (1 Tim 2.3,4). Et pourquoi un jugement est-il nécessaire dans ce cas, puisque la décision du rejet a été prise antérieurement ? Et la grâce, dans ces conditions, peut-elle encore en être une ? Elle n’est plus un don mais une imposition !

Visite des sites de la Réforme à Genève

Les participants du colloque ont visité le Musée international de la Réformation situé dans la cour Saint-Pierre, sur l’emplacement du cloître où fut votée la Réforme de 1536. Citons également l’Auditoire de Calvin, ce bâtiment d’architecture gothique datant du XVe siècle. La journée se prolonge par la visite de la cathédrale St-Pierre, de ses tours et des fouilles entreprises dans son sous-sol pour se terminer par le célèbre Mur de la Réformation inauguré en 1909 pour le 400ème anniversaire de la naissance de Calvin. Nous découvrons ensuite la tombe présumée de Jean Calvin au cimetière des Rois dans le quartier de Plainpalais.

Denis Fortin, doyen de la Faculté adventiste de théologie de l’université Andrews aux États-Unis, aborde son sujet au cours de sa prédication le 9 mai dans la chapelle de Collonges. Il développa le thème « Reliques et idolâtrie : de Calvin à aujourd’hui ».

L’après-midi, il traita dans l’amphithéâtre « L’influence de Calvin dans l’interprétation de l’histoire du protestantisme chez Ellen White ».

L’œuvre de Jean Calvin a fortement influencé le monde chrétien. Il est aujourd’hui encore l’un des théologiens le plus lu. Dans La tragédie des siècles, Ellen White décrit le conflit cosmique opposant le bien et le mal et se réfère très souvent à deux ouvrages de Jean-Henri Merle d’Aubigné. (Histoire de la Réformation (8 volumes) et Histoire de la Réformation en Europe au temps de Calvin (5 volumes).
Francis D. Nichol reconnaît en 1951 certaines erreurs dues à des événements historiques inexacts. En fait, Ellen White introduit dans son ouvrage 12 % de matériel historique sous forme de citations, ou de phrases et paragraphes librement appropriés. Elle reconnaissait humblement ses insuffisances en matière d’histoire et de géographie.

Le thème premier de l’ouvrage d’Ellen White est la fidélité avec laquelle les hommes de la Réforme ont défendu la Parole de Dieu et l’autorité de la Bible en matière de foi. Et en cela, elle souligne le rôle de premier plan joué par Calvin dans la mise en valeur des principales vérités bibliques.

Richard Lehmann, doyen honoraire de la Faculté adventiste de théologie de Collonges fit la synthèse de ces différentes interventions. Ce colloque a rendu possible une perception du rôle capital joué par Jean Calvin au cœur d’une époque troublée. Mais il surtout démontré que l’influence du réformateur genevois a marqué durablement non seulement la théologie mais la société et sa culture.

Source : MM/BIA
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