Varsovie - Un cardinal critique une déclaration du Vatican, déplorant un langage "inadéquat"

Mis à jour le 30.10.2008 à 15:16
Varsovie - Un cardinal critique une déclaration du Vatican, déplorant un langage "inadéquat"
Le cardinal Walter Kasper président du conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, au Vatican, a critiqué une déclaration de l'Eglise catholique romaine publiée en 2000 qui affirmait que les dénominations protestantes n'étaient pas des Eglises « au sens propre ».

« Je désapprouve. Pas le contenu du document, mais seulement son langage. Selon moi, il était inadéquat »,
a déclaré le cardinal Kasper dans une interview accordée à l'agence de presse polonaise catholique KAI.

La déclaration "Dominus Iesus" a été publiée au Vatican par la Congrégation pour la doctrine de la foi en août 2000, et signée par le cardinal Joseph Ratzinger - aujourd'hui le pape Benoît XVI - et l'archevêque Tarcisio Bertone, actuel secrétaire d'Etat du Vatican.

Selon ce document, les non-chrétiens sont « dans une situation de grave indigence », parce qu'ils ne disposent pas de « la plénitude des moyens de salut ». Il affirme par ailleurs que les communautés chrétiennes non catholiques ont également des "déficiences".

« Il est nécessaire de s'exprimer de telle façon qu'on sera bien compris d'autrui », a déclaré le cardinal Kasper dans l'interview publiée le 24 octobre. « Mais le langage employé dans la déclaration était trop dur - pour de nombreux catholiques aussi, les mêmes propos auraient pu être exprimés d'une manière plus accessible. C'est ce qui me pose problème. »

A la lumière du document, certains théologiens protestants et orthodoxes se sont interrogés sur l'engagement de l'Eglise catholique dans l'oecuménisme. Le document a été « mal compris » par les autres chrétiens, selon le cardinal Kasper.

Toutefois, les idées présentées dans "Dominus Iesus" ont été réaffirmées dans un document du Vatican de juin 2007. Selon celui-ci, les dénominations protestantes, bien qu'elles contiennent des « éléments de sanctification et de vérité », ne pouvaient pas « être appelées 'Eglises' au sens propre », parce qu'elles « n’ont pas la succession apostolique dans le sacrement de l’ordre. »

Dans son interview avec KAI, le cardinal Kasper a affirmé qu'il avait « observé des améliorations » dans le dialogue qu'entretenaient les catholiques avec les Eglises orthodoxes. Néanmoins, un consensus sur le rôle du pape - l'une des principales pierres d'achoppement entre les deux traditions chrétiennes - est « pour l'heure impossible », selon lui.

« Avec les 'communautés ecclésiales' protestantes, pour employer la formulation théologique précise, la situation est bien plus difficile, notamment en raison de leur émiettement interne », a indiqué le cardinal.

« Il est parfois même difficile de définir l'identité du partenaire de dialogue », a déclaré le cardinal Kasper. « Il existe des groupes et des mouvements au sein de ces communautés qui s'éloignent de leur politique officielle et se sentent plus proches des catholiques. Ainsi devons-nous accepter ces réalités et mener un dialogue à plusieurs niveaux. Nous voulons faire des progrès dans ce domaine, mais dans la vérité, et en maintenant le réalisme. »

Source : ENI/BIA