Arusha, Tanzanie - Les luthériens se préparent à demander pardon pour les persécutions des anabaptistes

Mis à jour le 21.07.2008 à 18:35
Arusha, Tanzanie - Les luthériens se préparent à demander pardon pour les persécutions des anabaptistes
Le principal organe directeur de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) a ouvert la voie à la préparation d'une déclaration demandant pardon pour les persécutions des luthériens à l'encontre des "anabaptistes", dont beaucoup sont morts au cours de violences au XVIe siècle en Europe. A l'époque, on affirmait que les violences se justifiaient par les appels lancés par les réformateurs luthériens dans leurs déclarations théologiques.

La décision de demander pardon a été prise après la présentation de recommandations, par une commission chargée des affaires oecuméniques, au Conseil de la FLM, qui s'est réuni du 24 au 30 juin à Arusha, dans le nord de la Tanzanie. Le Conseil a déclaré espérer qu'un rapport final sur le sujet serait présenté en 2009.

Anabaptiste, qui signifie "re-baptiseur", était à l'origine un terme péjoratif pour les réformateurs radicaux et les dissidents religieux de l'Europe du XVIe siècle, qui insistaient sur la nécessité de baptiser les croyants chrétiens, même ceux qui avaient été baptisés enfants. Leurs descendants se retrouvent aujourd'hui dans des groupes religieux tels que les amish, les huttérites et les mennonites.

La commission, présidée par le professeur Joachim Track, de l'Eglise évangélique luthérienne de Bavière, en Allemagne, s'est penchée sur les conclusions d'une commission luthérienne-mennonite.

La FLM compte 141 Eglises membres dans 79 pays, représentant 68 millions de chrétiens.

L'Eglise évangélique luthérienne d'Amérique (ELCA), troisième plus grande Eglise membre de la FLM, s'était officiellement excusée en novembre 2006 pour les persécutions luthériennes à l'encontre des anabaptistes dans l'Europe du XVIe siècle.
La demande de pardon a été approuvée par le Conseil d'administration de l'ELCA, qui s'était réunie à Chicago. Elle avait déclaré que l'Eglise luthérienne exprimait « son chagrin et ses regrets profonds et éternels pour les persécutions et les souffrances subies par les anabaptistes au cours des conflits religieux du passé. »

La déclaration luthérienne a formellement rejeté les appels lancés dans le passé par les réformateurs de l'Eglise, Martin Luther et Philipp Melanchton, qui avaient tous deux affirmé que les autorités devaient punir les anabaptistes pour leur enseignement, qui ne correspondait pas à la doctrine luthérienne. Par exemple, la Confession d'Augsbourg, confession de foi centrale des luthériens, condamne clairement les anabaptistes pour leur pratique du baptême adulte.

La déclaration de l'ELCA a répudié « l'utilisation des autorités gouvernementales pour punir des individus ou des groupes qui sont en désaccord théologique ».La publication de ces excuses a été perçue comme un moyen pour la plus grande Eglise luthérienne des Etats-Unis d'améliorer ses relations avec l'Eglise mennonite des Etats-Unis et d'autres groupes chrétiens qui sont issus des réformateurs anabaptistes.
Par ailleurs, la déclaration reconnaît que « la situation qui prévalait au XVIe siècle n'a plus cours au XXIe siècle » , avait expliqué au service de presse ELCA news_old Service le pasteur Randall R. Lee, responsable luthérien des affaires oecuméniques. « Les condamnations contenues dans les confessions luthériennes étaient peut-être très importantes à l'époque, mais elles ne le sont plus autant aujourd'hui et pour l'avenir, » avait-il expliqué.

Source : ENI/BIA