Nairobi, Kenya - Le recul des violences n'apaise pas la crise humanitaire

Mis à jour le 09.01.2008 à 20:53
Nairobi, Kenya - Le recul des violences n'apaise pas la crise humanitaire
Pendant des heures, Mary Wanjiru n'a rien pu faire d'autre que de rester assise près du corps de son fils. Dans le camp provisoire où elle a trouvé refuge après les violences de la semaine dernière au Kenya, personne n'avait de voiture pour la conduire à la morgue, ni d'argent pour payer un taxi.

La police, appelée, n'est jamais venue et il a fallu que des voisins arrêtent un véhicule de la Croix-Rouge pour que la mère et son enfant mort soient emmenés.

Brian, 13 mois, venait de sortir de l'hôpital après une pneumonie quand les violences ont éclaté et qu'il a fallu fuir vers ce camp, installé à proximité d'une base militaire, dans la banlieue de Nairobi. « Il allait mieux, mais comme nous dormons dehors, la maladie a persisté », raconte-t-elle, « à cause du froid et tout. Quand je me suis réveillée, il était mort ».

Les violences politiques et ethniques, qui ont fait plus de 500 morts dans le pays et déplacé 255.000 personnes depuis les élections présidentielles contestées du 27 décembre, ont baissé d'intensité, sans disparaître. Et la situation des plus pauvres des habitants de Nairobi continue de se dégrader. «  Cette crise n'est pas terminée, elle n'est absolument pas terminée », insiste Anthony Mwangi, porte-parole de la Croix-Rouge kényane. "Nous avons un long chemin à parcourir."

Dans le grand bidonville de Kibera à Nairobi -situé dans la capitale à l'opposé du camp abritant Mary Wanjiru- - des centaines de personnes viennent à la rencontre des distributions alimentaires des agences humanitaires. Mercredi, les employés de l'Agence adventiste de développement et de secours (ADRA) ont été débordés par la foule et plusieurs hommes ont réussi à dérober des sacs de farine.

Dans l'ouest du Kenya, la situation menace de se dégrader encore. Mardi, le président contesté Mwai Kibaki a présenté une première liste de ministres dans laquelle Kalonzo Musyoka, représentant de l'ethnie Kamba, figure comme vice-président, jetant le soupçon sur tous les membres de cette ethnie. Le soir même, la situation s'est dégradée et à Kisumu, la police a tiré sur des jeunes manifestants, dont l'un a été atteint à l'estomac, selon des témoins.

Mercredi, des centaines de Kamba ont commencé à fuir dans l'Ouest. Leur valise sur la tête et des enfants effrayés accrochés aux jupes des mères, les habitants inquiets cherchaient un moyen de locomotion pour quitter Kisumu. Sept bus et une vingtaine de voitures surchargées attendaient une escorte de police pour prendre la route de Nairobi. Des dizaines de jeunes armés de bâtons les attendaient sur la route, en brûlant des pneus. « Si les élections échouent, la violence est la solution », criaient-ils.
Les humanitaires peinaient également à atteindre Eldoret, une autre ville de l'Ouest touchée par les pires des violences, notamment l'incendie d'une église qui abritait des centaines de réfugiés. Les camions d'aide venus de Nairobi ont atteint Nakuru, à mi-chemin, mais se sont arrêtés pour attendre une escorte, les conducteurs ayant peur de poursuivre sans protection. Dans les campagnes, des habitants armés ont en effet installé des barrages sur les routes. Les forces de l'ordre les démantèlent, mais lentement.

Le président Kibaki a pris l'avion mercredi pour se rendre à Eldoret pour la première fois depuis les violences.

L’Eglise adventiste du septième jour compte au Kenya plus de 560 000 membres baptisés dans 3500 églises.

Source : La Presse Canadienne/BIA
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